Huffpost Algeria mg

Syrie: Obama souhaite "rétablir" le cessez-le-feu

Publication: Mis à jour:
OBAMA
U.S. President Barack Obama speaks as German Chancellor Angela Merkel and Phoenix Contact President Jack Nehlig (R) listen during the opening tour of the Hannover Messe in Hanover, Germany April 25, 2016. REUTERS/Kai Pfaffenbach | Kai Pfaffenbach / Reuters
Imprimer

Le président Barack Obama souhaite "rétablir" le cessez-le-feu en Syrie qui a replongé dans la guerre après huit semaines de trêve, et doit annoncer lundi à Hanovre l'envoi de soldats américains supplémentaires pour aider les rebelles syriens.

En visite en Allemagne, le président américain doit confirmer lundi matin l'envoi en Syrie de militaires américains supplémentaires dont le nombre pourra atteindre 250.

"Le président a autorisé une série de mesures pour renforcer le soutien à nos partenaires dans la région, notamment les forces de sécurité irakiennes ainsi que les forces locales syriennes qui luttent contre l'ISIL" (acronyme anglais de l'Etat islamique, a indiqué un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat.

M. Obama estime cependant que la solution du problème syrien passe par la négociation. "Ce serait une erreur" de la part des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou de toute alliance de pays occidentaux "d'envoyer des troupes au sol et de renverser le régime d'Assad", a-t-il répété ce week-end.

La Syrie devrait faire partie des dossiers internationaux à l'ordre du jour des discussions d'un mini-sommet à Hanovre (nord de l'Allemagne) réunissant M. Obama, la chancelière Angela Merkel ainsi que les chefs de gouvernement britannique et italien, David Cameron et Matteo Renzi, ainsi que le président français François Hollande.

26 civils tués

Sur le terrain, les violences ont repris et au moins 26 civils ont été tués dimanche dans des bombardements du régime et des rebelles à Alep, la grande ville du nord de la Syrie, meurtrie par des violences pour la troisième journée consécutive.

Depuis vendredi, au moins 63 civils ont été tués dans l'ancienne capitale économique syrienne, qui vit de nouveau au rythme des raids aériens et des tirs d'obus, après des semaines d'un calme relatif lié à la trêve lancée à l'initiative des Etats-Unis et la Russie et entrée en vigueur le 27 février.

Dimanche, des obus tirés par les insurgés contre les zones gouvernementales ont tué 10 civils, dont une femme et deux enfants, a indiqué une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces loyales au président Bachar al-Assad ont répliqué par des raids aériens sur les zones tenues par les rebelles, tuant 16 civils, selon l'OSDH.

Dans les zones rebelles de la ville, les hôpitaux de campagne ont appelé à des dons du sang pour répondre à l'urgence et les écoles ont fermé jusqu'à nouvel ordre en raison des frappes.

Alep est divisée depuis juillet 2012 entre les zones tenues par le régime à l'ouest et celles contrôlées par les rebelles à l'est.

Au siège des "Casques blancs", la défense civile des zones rebelles, les sauveteurs étaient "épuisés", a rapporté un correspondant de l'AFP.

Par ailleurs, l'eau a été coupée dans la ville après une frappe du régime qui a touché la principale conduite, selon les autorités locales.

La délégation du Haut comité des négociations (HCN - opposition) a réclamé le rétablissement du cessez-le-feu, accusant le pouvoir d'être responsable de sa rupture.

"L'offensive du régime n'est pas seulement une attaque contre les Syriens mais contre le processus de négociations de Genève", a déclaré le porte-parole de la délégation, Salem al-Meslet.

Délitement de la trêve

Face à ce délitement de la trêve, M. Obama a appelé à "rétablir" le cessez-le-feu et indiqué s'être entretenu dernièrement à ce sujet avec son homologue russe Vladimir Poutine.

"J'ai parlé avec le président Poutine au début de la semaine dernière pour tenter de garantir que nous pourrons rétablir un cessez-le-feu", a déclaré M. Obama à Hanovre.

Un porte-parole de l'Union européenne a pressé les Etats-Unis et la Russie "d'exercer toute leur influence pour mettre fin aux violations" de la trêve.

"Nous pouvons faire pression, internationalement, sur toutes les parties en présence (...) pour qu'elles s'assoient à une table et tentent de négocier une transition", a estimé M. Obama, citant la Russie et l'Iran - principaux soutiens du président Assad - ainsi que l'opposition modérée syrienne.

Cependant, les tractations diplomatiques sont dans l'impasse.

A Genève, les discussions de paix indirectes entre les parties sous l'égide de l'ONU doivent théoriquement se poursuivre jusqu'à mercredi, mais aucun progrès n'est à attendre puisque le HCN a suspendu sa participation "formelle".

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 270.000 morts et poussé au moins la moitié de la population à quitter son foyer.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.