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Le Hamas renforce la frontière avec le Sinaï pour rassurer l'Egypte

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HAMAS
ASSOCIATED PRESS
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Le mouvement palestinien de résistance Hamas a installé des dizaines de postes militaires le long de sa frontière avec le turbulent Sinaï, pour tenter de rassurer l'Egypte et réchauffer ses relations tendues avec le grand voisin.

Depuis que le nouveau régime égyptien a déposé en 2013 le président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans dont le Hamas est issu, les relations entre l'Egypte et la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas, sont au plus bas.

Le Caire accuse le Hamas de soutenir son opposition islamiste et de soutenir l'insurrection jihadiste qui a tué des centaines de ses soldats dans le Sinaï, ce que le mouvement palestinien dément formellement.

Pour démontrer sa bonne foi, le Hamas, dont une délégation a rencontré en mars des chefs du renseignement égyptien au Caire, a conduit les journalistes le long des 13 km de sa frontière sud avec l'Egypte, présentant les postes militaires installés et les centaines d'hommes déployés de la côte méditerranéenne à l'ouest de Rafah au terminal de Kerem Shalom menant vers le territoire israélien.

Trois de ces installations, des préfabriqués blancs ou peints en marron auxquels des hommes de la sécurité du Hamas s’affairaient à mettre la dernière touche, ont d'ailleurs été construites, pour la première fois, à quelques centaines de mètres à peine des tours de contrôle israéliennes, ont constaté les journalistes de l'AFP.

L’armée de l'occupation israélienne s’est bornée à dire qu'elle "surveillait de près les développements à Gaza et les activités du Hamas, notamment le long de la frontière".

- 60 points militaires, 800 hommes -

En tout, "60 points militaires ont été mis en place le long de la frontière avec nos frères égyptiens pour sécuriser la zone et empêcher toute infraction", explique le général Hussein Abou Azra, qui dirige la Sûreté nationale, tenue par le Hamas depuis sa prise de pouvoir en 2007.

"A la demande de l'Egypte et pour renforcer le contrôle de la zone, nous avons déployé 800 hommes, contre 200 auparavant, le long de la barrière", détaille-t-il, sous le regard de soldats égyptiens postés derrière sur des tours.

Autant de gages donnés à l'Egypte qui maintient fermé en quasi-permanence depuis 2013 son point de passage de Rafah, l'unique ouverture de la bande de Gaza sur le monde qui ne soit pas sous contrôle d'Israël.

En 2015, "pire année" en termes de sorties et d’entrées de personnes et de biens vers et depuis l'Egypte selon le Hamas, le point de passage de Rafah n'a ouvert que 21 jours.

Et cet enfermement vient s'ajouter au sévère blocus terrestre, maritime et aérien déjà imposé depuis 10 ans au petit territoire enclavé par l'occupation israélienne et à ses près de 1,9 million d’habitants.

Deux postes militaires ont d'ailleurs été installés à proximité du terminal de Rafah, aux imposantes portes noires fermées, où des camions transportant des matériaux de construction entrent au compte-goutte dans ce territoire ravagé par trois guerres depuis 2008.

- Rouvrir Rafah ? -

L'objectif, explique un responsable du Hamas Iyad al-Bozum, est de prouver que les autorités à Gaza sont déterminées à assurer "la sécurité et la stabilité de la frontière" et empêcher "l'utilisation de la zone pour porter atteinte à l’Egypte".

En échange, elles espèrent "la réouverture de Rafah pour alléger les souffrances des Gazaouis sous blocus", poursuit M. Bozum.

Retrouver la confiance et les relations de bon voisinage d'avant, c'est aussi pour cela que le chef de la Sécurité intérieure du Hamas, le général Taoufiq Abou Naïm, a récemment plaidé devant un parterre de membres des forces de l'ordre et des représentants politiques à Gaza.

"Notre sécurité est votre sécurité", a-t-il lancé à l'adresse des Egyptiens, appelant à "revenir aux relations historiques et à remettre en place des contacts permanents et directs".

En écho aux engagements du Hamas, les mouvements palestiniens à Gaza ont également réaffirmé à plusieurs reprises leur refus de "toute ingérence dans les affaires égyptiennes" et leur volonté de "protéger la frontière".

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