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Sévère mise en garde du FFS au pouvoir: "le temps est compté pour le pays"

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"Le temps est compté, le pays est gangrené de l'intérieur", a averti le secrétaire général du FFS, Mohamed Nebbou dans une très sévère mise en garde au pouvoir, ce samedi 23 avril lors d'une conférence organisée à Oum-El-Bouaghi à l'’occasion de la célébration du 36e anniversaire du Printemps berbère.

Mohamed Nebbou a pointé du doigt la responsabilité de "l'Etat et celle de ses institutions dans l'apparition" d'un "mouvement séparatiste en Kabylie", faisant allusion au "Mouvement pour l'Autodétermination de la Kabylie" (MAK) sans toutefois le citer.

Il a aussi déploré la "banalisation des crimes économiques" et de la violence, ce qui traduit, selon ses propos, une "crise politique majeure".

Au début de ses déclarations, M. Nebbou a dit regretter une "situation inacceptable" qui dénote un "indice particulièrement alarmant", et qui "ne trouble pourtant pas le sommeil du gouvernement".

Le FFS a déploré la "banalisation des violences et des intolérances entre les Algériens". Le parti a estimé qu'elle constitue un signe de l'"incapacité des pouvoirs publics et des élites dirigeantes à apporter des solutions aux dysfonctionnements sociaux".

Mohamed Nebbou a ensuite fait constater un "Indice particulièrement alarmant". Il s'agit de "la colère oppose de plus en plus des Algériens entre eux, au point de remettre en cause des siècles de vivre ensemble, au point que des militaires sont nécessaires aujourd’hui, comme à Ghardaïa, pour veiller à ce que des Algériens se réclamant de communautés différentes ne s’entre-tuent pas !"

Le pouvoir responsable de l'apparition du séparatisme en Kabylie

Mohamed Nebbou a aussi regretté "la banalisation du crime et du scandale" en Algérie, "ce pays admirable qui est en train d'être gangrené de l'intérieur".

Dans son discours, il a fustigé "l'incompétence" des autorités, qui s'adonnent à "la gabegie, à la corruption et la dilapidation des richesses matérielles" du pays, "violemment attaqué dans ses richesses morales et symboliques".

Il a une fois de plus alerté de cette crise, de nature "politique et morale" de prime abord, économique, sociale et culturelle ensuite, marquée, encore une fois, par "la banalisation du crime et du scandale".

"C’est la crise politique et morale qui a généré la dictature, le mépris, le clientélisme, la corruption, la criminalité sous toutes ses formes. Quand la corruption et la gabegie se chiffrent en milliards de dollars chaque année, c’est d’abord un problème politique", a martelé M. Nebbou.

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Le FFS a aussi regretté la passivité des dirigeants algériens, qui ne "font rien pour mettre un terme, de manière radicale, à ces crimes économiques", qui "remettent en cause l'existence, non pas de la justice, mais de l'état même".

Pour ce chef de parti, cette "déliquescence de l'élite dirigeante" a ainsi favorisé l'apparition "d'un mouvement séparatiste en Kabylie".

Un mouvement, certes "minoritaire", qui se nourrit de "la déliquescence de l'Etat, de l'absence de projet de développement, de l’obstruction des perspectives d’avenir pour une jeunesse privée du droit au travail, à l’exercice de ses libertés, à son épanouissement social, politique et culturel".

Ce contexte politique pousse alors "les jeunes de Kabylie à protester et à reprendre des mots d’ordre séparatistes qui, jadis, faisait rire les gens", explique-t-il.

Le destin de la Kabylie lié à celui de l'Algérie

Lors de la même conférence, le Front des forces socialistes a également réitéré son "attachement à l'unité nationale". Le parti a rappelé, à cet effet, les propositions qu'il a faîtes au pouvoir pour ouvrir un processus de sortie de crise avec les Algériens". ,

Le FFS, par le biais de son SG, a aussi réaffirmé son "engagement pour Tamazight et les autres composantes de la personnalité algérienne et de notre identité politique".

Le même animateur de cette rencontre a ainsi martelé que "tous les gens sérieux savent que la revendication de Tamazight est indissociable de la démocratie et inconcevable de la liberté. Deux notions dont la portée est "nationale", a-t-il encore affirmé.

"La colère et le désarroi des jeunes de Kabylie sont semblables à ceux des jeunes de toutes les régions d’Algérie. On ne peut pas imaginer le destin et l’avenir de la Kabylie en dehors du destin commun de toute l’Algérie. Le destin de la Kabylie est lié au destin de toutes les régions du pays".

Et de rajouter: "Certains intérêts particuliers entendent instrumentaliser la région et la colère légitime de la jeunesse pour se replacer sur la scène politique".

Le FFS célèbre à son tour le Printemps berbère

Dans le même discours, M. Nebbou a ensuite conclu que le combat de son parti est "celui de la construction du consensus national pour une sortie pacifique et ordonnée de la crise".

"Nous allons continuer à le porter mais tout le monde doit savoir que le temps est désormais compté pour le pays. La crise a trop duré. A chacun de prendre ses responsabilités", a-t-il averti.

Plusieurs conférences débats ont par ailleurs été animées ce samedi 23 avril, par le FFS à Bouira, Oran et Sétif, à l’occasion de la célébration du 36e anniversaire du printemps amazigh d’avril 1980.

Une occasion pour "porter à la connaissance des citoyens le message d’avril 1980 et le sens de ce combat qui, ces derniers temps, a été manipulé et dévoyé".

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