Enterrement de Sghaïer Ouled Ahmed: La photo qui divise

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OULED AHMED
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Des photos prises lors et en marge de l’enterrement du poète tunisien Sghaïer Ouled Ahmed, hier 6 avril 2016, il en est une qui n’a pas fait l’unanimité. On y voit une femme, pelle à la main, recouvrir de terre la tombe du défunt, en guise d’un dernier adieu. Le geste en soi est on ne peut plus habituel en pareilles circonstances. Qu’une femme le fasse, voilà ce qui n’est pas coutumier en Tunisie. En effet, en Tunisie, traditionnellement, la femme n’accompagne pas de cortèges funéraires.

Pour certains internautes, il s’agit presque d’un sacrilège. "Pourquoi une femme ? N’y aurait-il plus d’hommes pour le faire ? ", "Dieu maudit les femmes qui se rendent aux cimetières", "Des femmes aux cheveux découverts, accompagnant un cortège funéraire et enterrant un mort ! Et vous voulez que Dieu bénisse cette terre avec sa pluie ?"… Des commentaires hostiles, en nombre, pour dire le désaccord par rapport à cette rupture avec l’habitude.

صورة من موكب دفن الشاعر الصغير أولاد أحمد.. جنازة حداثية!!!مازلنا نشوفوا العجب.. لا حول ولا قوة الا بالله

Posté par ‎رصد التونسية‎ sur mercredi 6 avril 2016


Toutefois, nombreux sont ceux qui ont vu, en cette photo, une coupure avec "l’archaïsme", une libération par rapport aux traditions, et une "expression de la singularité de la Tunisienne".

Comme la pratique religieuse, le fait que les femmes accompagnent ou non les défunts au cimetière ne devrait être qu'un...

Posté par Dahmani Frida sur jeudi 7 avril 2016


La présence en force des femmes hier à l'enterrement du grand Ouled Ahmed est une preuve , au besoin , que les...

Posté par Adnane Belhajamor sur mercredi 6 avril 2016


Funérailles de Sghaier Ouled Ahmed... Ou comment rompre avec les mauvaises traditions reproduites connement

Posté par Amor Nekhili sur jeudi 7 avril 2016


Pour la sociologue Dorra Mahfoudh, il ne s’agit pas d’un fait nouveau. "Lorsqu’il s’est agi de l’écrivain Salah Garmadi , du chanteur Ali Riahi ou plus récemment de l’homme politique Chokri Belaïd, les femmes ont accompagné les cortèges funéraires rompant ainsi avec ce qui est habituel", d’après elle.

Au HuffPost Tunisie, la sociologue explique que "cette rupture avec la tradition s’observe, quand il s’agit de personnalités publiques. La présence de la femme dans un espace, jusque-là exclusivement masculin est donc un hommage n’acceptant pas de limites de genre. C’est dans ce cadre que l’acceptation de l’égalité s’opère."

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Si ce message te parvient c'est qu'ils n'avaient pas tout faux ceux qui disaient que les grands ne meurent pas

Trois textes émouvants du poète tunisien Sghaier Ouled Ahmed (VIDÉOS)

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