Incompréhension face à la stagnation du m-paiement en Algérie (CARE)

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Le m-paiement couvre 50% des transactions au Kenya, et 20% du PIB. En Algérie, la formule tarde à s’imposer, malgré l’absence du e-paiement, ce qui suscite l’incompréhension des opérateurs et des spécialistes.

L’incompréhension est totale. Pourquoi le m-paiement ne décolle pas en Algérie, et pourquoi le e-paiement en est encore au stade de projet? Spécialistes et opérateurs réunis mardi matin lors d’une matinale du Cercle d’Action et de réflexion autour de l’Entreprise (CARE) consacrée au m-paiement étaient pourtant unanimes: l’Algérie offre un terrain très favorable au développement du m-paiement. La technologie est disponible, les promesses économiques nombreuses, les besoins importants, la téléphonie mobile est succès notable. “Qu’est ce qui cloche alors”?

Ali Harbi, président d’un cabinet de consulting, souligne que le m-paiement offre un “nouveaux relais de la croissance”, en vue de “diversifier l’économie algérienne”, dans laquelle la part des services demeure “insuffisante”. C’est aussi un “outil d’inclusion de l’économie informelle” et “un moyen de développement de l’attractivité du pays, dit-il.

Il affirme également que le e-paiement et le m-paiement doivent se développer de pair, et souligne “la nécessité d’aller vite”. Relevant que la progression du m-paiement constitue une forme de bancarisation “indirecte” de l’informel, il a relevé qu’elle touche “les petites transactions”, et permet ainsi à des catégories modestes, ne disposant pas de comptes bancaires, de s’intégrer dans l’économie formelle. Mais M. Ali Harbi s’est demandé, lui aussi, “qu’est ce qui coince ?”

Technologies maîtrisées

Fodhil Kerkache, un autre consultant, se demande s’il y a des “obstacle technologiques ?” Non, répond-il, nous maitrisons les techniques nécessaires. Il souligne également que le m-paiement offrirait l’opportunité de lancer de nouveaux métiers. Il plaide pour une réglementation qui permettrait “d’intégrer différents acteurs et métiers”.

Du côté institutionnel, on présente un bilan qui se veut flatteur. Rachid Belaïd, délégué général de l’ABEF (association des banques et établissements financiers), rappelle que 1.5 millions de cartes de paiement et 4.5 millions de cartes de retrait sont en circulation, ainsi que 3.500 terminaux, mais l’usage reste modeste. Il se demande pourquoi les commerçants rechignent à y recourir.

Nawel Benkritly, directrice générale SATIM, demande aux commerçants de “jouer le jeu”. Selon elle, “il n’y a a pas de volume” de transactions adéquats, malgré les investissements élevés. “Il y a la technologie sans le flux”, dit-elle, et les banques n’ont pas encore de retour sur investissement. Elle estime qu’on “n’a pas travaillé convenablement”, en “axant sur le technique”, alors qu’il n’y a pas de loi sur le e-commerce ni réglementation. Malgré cela, elle estime que “les pré-requis sont en place” pour lancer le e-paiement et le m-paiement.

Impatience des opérateurs économiques

Assia Bnechabla, directrice des études et du développement du GIE monétique, a de son côté indiqué qu’un projet de loi sur le e-commerce est en cours d’élaboration.

Les opérateurs de téléphone mobile étaient eux aussi présents au rendez-vous, où ils ont montré une certaine impatience face aux blocages qui empêchent le développement du m-paiement. Vincenzo Nesci, patron de Djezzy, s’est étonné de voir le débat centré sur la technologie. “On connait la technologie. La technologie n’est pas le problème, elle est la solution”, a-t-il dit.

“On ne veut pas imposer nos solutions, mais on veut contribuer au développement” du secteur, a-t-il dit. Il a appelé à “définir rapidement ce qui manque”, pour permettre aux opérateurs de “définir leur stratégie”.

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