40è jour: témoignages multiples sur Hocine Aït Ahmed, le grand maghrébin

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Hocine Aït Ahmed était un grand maghrébin. Il a été aussi constant et tenace dans la défense de la démocratie que dans celle du Maghreb. Plusieurs intervenants l’ont souligné, samedi, directement ou par le biais d’enregistrements vidéos lors de la cérémonie du 40ème jour organisée au palais de la culture Moufdi Zakaria à Alger.

L’historien Mohamed Harbi, la militante tunisienne Sihem Bensedrine, l’ancien ministre tunisien Ahmed Abderraouf Ounaïes et l’ancien ministre marocain, Ismail Alaoui ont, chacun avec ses mots, souligné cette dimension essentielle.

Dans un enregistrement-vidéo réalisé par l’universitaire Redouane Boudjemaa, Mohamed Harbi s’est étendu longuement sur la vision maghrébine de Hocine Aït Ahmed qui était tout autant une aspiration ancrée qu’une approche réaliste dans un monde complexe.

Pour l’historien, le fondateur du FFS a toujours milité pour un Maghreb des peuples mais il ne le concevait pas sans démocratie. Et il ne le concevait pas dans un modèle centralisé et jacobin mais dans une vision pluraliste.

Hocine Aït Ahmed, a-t-il dit, a inversé la problématique sur la Maghreb en soulignant que la bonne question n’était pas de savoir ce qu’on gagne à le faire mais d’évaluer ce que nous perdons dans la persistance du non-Maghreb.

Mohamed Harbi dit avoir constaté avec «déplaisir » en tant qu’universitaire que les étudiants algériens ne travaillaient pas du tout sur le Maroc et la Tunisie alors que des étudiants tunisiens et marocains traitaient de l’Algérie. « Il y a beaucoup d’écrits de Hocine Aït Ahmed consacrés au Maghreb qui méritent que des étudiants s’y intéressent» dit-il.

L’esprit de résistance

Sihem Bensedrine, militante tunisienne des droits de l’homme qui préside "l’instance vérité et dignité" a salué en Hocine Aït Ahmed un précurseur dans la défense des droits et de la dignité de l’homme, un combat entamé durant la nuit coloniale et qui s’est poursuivi après les indépendances.

Sihem se souvient de sa première rencontre avec Hocine Aït Ahmed qui est venu au siège de la ligue tunisienne des droits au début des années 90 qui était alors encerclé par la police politique. "Cette visite a eu en nous un impact aussi grand que sa stature. Il a nourri en nous l’esprit de résistance face à la violence oppression..."

L’ancien ministre tunisien Ahmed Abderraouf Ounaïes a souligné également la conviction de Hocine Aït Ahmed que le Maghreb était une nécessité dans un monde complexe et qu’il recherchait, avec d’autres, des moyens de le rendre plus concret. Mais, a-t-il souligné, il insistait aussi sur le fait que la démocratie était un impératif pour le Maghreb.

Le marocain Ismail Alaoui a mis en exergue la grande éthique politique de Hocine Aît Ahmed et le fait que même sans responsabilités officielles, il a toujours œuvré à aller dans le sens de l'entente entre maghrébins.

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