Tahar Benaïcha, l'homme qui se revendiquait communiste et musulman

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TAHAR BENAICHA
APS
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Marxiste militant, il se présentait comme « le dernier des communistes algériens », les autres ayant tous, de son avis, abdiqué. Mais dans le même temps, il vouait une admiration sans bornes à la civilisation islamique, dont il se réclamait fortement.

D’un caractère difficile, il s’est retrouvé, à la fin de sa vie, en guerre à la fois contre les communistes et contre les islamistes algériens.

Dès son enfance, à Guemar, dans la wilaya d’El-Oued, dans les années 1920, Tahar Benaïcha se trouve plongé dans la culture islamique traditionnelle, avec fréquentation de l’école coranique et acquisition des rudiments de savoir qu’elle offre.

Son adolescence et sa jeunesse sont un véritable chaos. Il découvre, d’un côté, les brillants mathématiciens, physiciens, astrologues et autres illustres médecins musulmans, que lui offrent ses lectures, poursuivis plus tard à la Zitouna.

Et d’un autre côté, il constate la déchéance d’une société musulmane engluée dans l’ignorance et les pratiques absurdes. D’autres que lui ont prôné des solutions radicales : retour aux sources du wahabisme, relecture de l’Islam des réformistes, puritanisme religieux, laïcs qui veulent se projeter dans la modernité à l’image d’Atatürk.

Tahar Benaïcha préfère une autre piste : faire le grand bond en avant, pour rattraper et dépasser les sociétés occidentales capitalistes qui utilisaient science et savoir pour dominer le monde.

Sa pensée se construit progressivement, en parallèle au développement du mouvement national, que son statut d’intellectuel atypique lui permet de suivre de près. Il a en effet connu, de près ou de loin, la plupart des dirigeants du nationalisme algérien, sur lesquels il a un jugement souvent expéditif.

Il fréquente la Zitouna où il rencontre notamment Abdelhamid Mehri, et il anime, plus tard, des meetings avec Mostefa Benboulaïd : ce sont quelques rares personnalités qui trouvent grâce à ses yeux.

La religion, une Rissala

Tahar Benaïcha a aussi polémiqué avec Cheïkh Bachir Ibrahimi et Abderrahmane Djillali, il a débattu avec Houari Boumediène et Mouloud Kassim, tout en occupant une place à part au sein des milieux de gauche. Mais peu à peu, Tahar Benaïcha s’est coupé de la gauche sur des bases dogmatiques mais surtout linguistiques.

Lui-même accordait une place quasi-exclusive à la langue arabe, adoptait une méfiance radicale envers tout ce qui traite du berbère, et finissait par rejoindre un cercle défendant une pensée aussi carrée que primaire.

Il excommuniait tous les adeptes de la diversité, les classant dans un fourre-tout baptisé "franco-berbère".

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