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Tunisie: "La société civile tunisienne fait la sourde oreille quand il s'agit d'agressions racistes", selon Saadia Mosbah de M'nemty

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RACISME
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Suite à une affaire dans laquelle une institutrice a été accusée de racisme envers une de ses élèves, Saadia Mosbah de l'association M'nemty est montée au créneau. Selon elle, "la société civile tunisienne fait la sourde oreille quand il s'agit d'agressions racistes".

L'institutrice en question aurait accusé l'élève d’être à l'origine d'une mauvaise odeur dans la classe. Elle lui aurait demandé d'enlever ses chaussures puis son collant. La fille souffrirait depuis d'une dépression, selon son docteur, Msadak Jabloul.

Interpellé, le ministre de l'Education nationale, Néji Jalloul a démenti cette version des faits, arguant qu'une enquête a été menée et dont les résultats innocentent l'institutrice de racisme envers cette élève.

Afin de défendre l'élève concernée, l'association M'nemty a organisé un sit-in le 19 décembre devant le ministère de l'Education appelant le ministre à ouvrir une nouvelle enquête, sinon "on déposera plainte contre l'institutrice", assure Saadia Mosbah, présidente de l'association "M'nemti au HuffPost Tunisie.

"Au-delà de cette affaire, les actes et les propos racistes de ce genre, c'est le lot quotidien des personnes noires en Tunisie", a déploré Saadia Mosbah", avant d'ajouter que "face à cette réalité amère, notre combat est ignoré aussi bien par les médias que par la société civile, complice par son silence assourdissant".

Parmi les organisations pointées du doigt par Saadia Mosbah, figure la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH). Contactée par le HuffPost Tunisie, Belkis Mechri, membre du bureau exécutif de la LTDH, justifie le silence de son organisation quant à cette affaire au fait qu'ils sont "débordés à la Ligue".

"On a à traiter plusieurs dossiers en même temps, des gens viennent faire des sit-in au sein de notre local", explique Belkis Mechri, avant d'assurer que la LTDH va mener sa propre enquête et qu'un communiqué sera publié ultérieurement.

Saadia Mosbah peste contre une société civile "qui prétend défendre des principes universels alors qu'elle ne fait que défendre ses propos intérêts" et "sélective dans ses combats".

Lors du sit-in devant le ministère de l'Education, il n'y avait que des associations anti-racistes et des représentants de l'association "Damj" pour la défense des droits humains, affirme la présidente de M'nemti.

"On a pourtant lancé un appel à toutes les associations pour nous rejoindre, hélas la société civile tunisienne fait la sourde oreille quand il s'agit d'agressions racistes. On n'existe pas pour eux", a-t-elle fustigé.

"On les voit se mobiliser contre la loi 52 sur les stupéfiants ou sur la loi 230 criminalisant l'homosexualité, on souhaiterait autant d’intérêt pour la lutte contre le racisme", lance-t-elle.

LIRE AUSSI: Portrait de Saadia Mosbah, présidente de l'association "M'nemti" qui lutte contre le racisme en Tunisie

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