Tunisie: À la mosquée Sidi Lakhmi de Sfax, première prêche du vendredi depuis près de deux mois...sans Ridha Jaouadi

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La prière du vendredi s'est "déroulée normalement" pour la première fois en près de deux mois dans la principale mosquée de Sfax, la deuxième ville de Tunisie, où des fidèles contestaient le limogeage de leur imam, selon le ministère des Affaires religieuses.

"Nous avons désigné hier (jeudi) un nouvel imam à la mosquée Sidi Lakhmi et la prière du vendredi s'est déroulée dans le calme aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Najet Hammami, responsable de la communication au sein du ministère.

Depuis mi-octobre, plusieurs centaines de fidèles protestaient contre le limogeage de l'imam Ridha Jaouadi, qualifié d'extrémiste par les autorités puis accusé de "collecte d'argent et gestion financière sans autorisation de la mosquée", dans cette ville située à 300 km au sud de Tunis.

En signe de contestation, ils avaient empêché à plusieurs reprises la tenue du prêche du vendredi par le nouvel imam désigné, Mimoun Karraï.

La nomination d'un troisième imam, jeudi, du nom de Amor Mallouli selon la radio privée Mosaïque FM, est "provisoire", a toutefois noté Mme Hammami, sans autre précision.

Le ministre des Affaires religieuses, Othman Battikh, a de son côté déclaré à plusieurs reprises qu'il était hors de question pour son département d'accepter un retour de l'imam Jaouadi.

Ces récentes tensions à Sfax s'inscrivent sur fond de tentative de reprise en main du champ religieux par les autorités, dans le cadre de la lutte contre les jihadistes.

Cette année, une vingtaine d'imams, sur un total de 18.000, ont été limogés. Dans le sillage des attentats du musée du Bardo en mars (22 morts) et de Sousse en juin (38 morts), les autorités ont également procédé à la fermeture de 80 mosquées n'étant "pas sous contrôle de l'Etat" et soupçonnées d'"inciter au terrorisme". Plus d'une vingtaine étaient toujours closes fin octobre.

Depuis la révolution de 2011, qui a mis fin à l'étroite surveillance du champs religieux par le régime du dictateur Ben Ali, les autorités tunisiennes ont déjà tenté de reprendre le contrôle des mosquées, sans réel succès.

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