Tunisie - Violences lors d'une réunion du Bureau éxecutif de Nidaa Tounes: La scission officiellement consommée

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NIDA TOUNES
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A l'occasion de la réunion du Bureau Exécutif du parti Nidaa Tounes prévue ce dimanche à Hammamet, des affrontements violents, des échanges d'insultes et des accusations ont été constatés dans l'hôtel où devait se tenir le meeting.

Plusieurs images et vidéos montrent notamment des groupes de personnes munies entre autres de bâtons ayant empêchés certains membres du Bureau exécutif d'assister à cette réunion.

Baston et gros bras à #Hammamet empêchent la tenue du congrès de #NidaaTounes

Posté par Tunis Tribune sur dimanche 1 novembre 2015

Dans un communiqué lu par Abdelmajid Sahraoui, le Bureau exécutif du parti (ou une partie de ses membres) a accusé des "milices fascistes", menées par des "putchistes" au sein de Nidaa Tounes et directement imputé la responsabilité à Hafedh Caïd Essebsi, le fils de l'actuel président de la République, ainsi qu'à Ridha Belhaj, chef du cabinet de la présidence de la République.

Pour le député Abada Kéfi, membre du parti, "les milices du processus de Djerba (meeting organisé par le courant de Nida Tounes mené par Hafedh Caïd Essebsi) ont empêché le Secrétaire général Mohsen Marzouk, le directeur exécutif du Mouvement Boujemâa Remili ainsi que plusieurs membres du bureau exécutif de rejoindre les lieux de la réunion".

A son arrivée devant l'hôtel, Boujemâa Remili a en effet été contraint de quitter les lieux, empêché d'accéder à l'hôtel par une foule d'individus.

منع السيد بوجمعة الرميلي من الدخول من طرف عصابات إجتماع جربة

عصابات مؤجورة تمنع دخول السيد بوجمعة الرميلي للإجتماع...

Posted by ‎تونسي و الحمد لله‎ on Sunday, November 1, 2015

L'ancien ministre Lazhar Akermi qui a récemment démissionné du gouvernement, rejoint ces propos. Intervenant sur les ondes de Mosaïque FM, il a accusé Hafedh Caid Essebsi d'avoir mobilisé des délinquants de plusieurs régions pour saboter la réunion du bureau exécutif de Nidaa Tounes.

Face à ces accusations, le député Khemais Ksila a nié l'implication de M. Caïd Essebsi, rapporte l'agence TAP. Il a en outre attribué la responsabilité de ces évènements à Mohamed Ennaceur, président du parti et à Mohsen Marzouk, secrétaire général.

Face à ce conflit interne émaillant au sein du parti, Bochra Bel Haj Hamida a demandé au président de la République et fondateur du parti, Béji Caid Essebsi de mettre un terme à ces dissensions. Elle a affirmé sur Mosaïque Fm que 30 députés du partis avaient l'intention de se retirer du bloc parlementaire de Nida Tounes si cette logique de clan se poursuivait.

"Aujourd'hui Nidaa est mort. Le parti n'existera plus comme vous l'avez connu. Il y aura scission. Le groupe parlementaire va être divisé en deux et le gouvernement va probablement tomber. Ennahdha se retrouve premier parti du pays", a assuré de son côté Chokri Mamoghli, également membre du Bureau exécutif de Nidaa Tounes.

Après avoir témoigné des violences qu'il a constatées sur place, M. Mamoghli donne une conclusion sans équivoque, répétant que le parti vainqueur aux élections était définitivement "mort": "Croyez-moi. Ce que j'ai vu, même le PSD et le RCD dans leurs pires moments ne l'ont pas fait. Pour moi Nidaa est mort. Mort et enterré. La seule issue est l'exclusion de la racaille ou la création d'un nouveau parti.

Bonjour,Aujourd'hui j'ai été témoin d'un meurtre avec préméditation. Cela s'est passé à Hammamet, plus précisément à...

Posté par Mamoghli Chokri sur dimanche 1 novembre 2015

Cela n'a pas manqué de faire réagir les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités et citoyens lambda commentant cet événement. De la "fin du parti" à la "victoire d'Ennahdha" en passant par l'absence d'intervention de la police tout a été commenté.

La Victoire éclatante d'Ennahdha sans qu'elle n'ait mené le combat de front. Mabrouk et chapeau bas.

Posté par Slim Laghmani sur dimanche 1 novembre 2015

Le parti fondé par le président de la République Béji Caïd Essebsi connait de nombreuses dissensions, alors qu'il n'a toujours pas tenu son premier Congrès. Deux clans principaux au sein du parti s'opposent: celui de Mohsen Marzouk, Secrétaire général du parti et celui de Hafedh Caïd Essebsi, vice-président et fils du Président de la République.

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