Meriem Bennani, du fun, de l'art et de la mode (PHOTOS & VIDÉOS)

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MERIEM BENNANI
Meriem Bennani, du fun, de l'art et de la mode | Daniel Arnold
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PORTRAIT – On la connaît derrière la griffe Jnoun, lancée avec sa sœur Zahra en avril dernier. Meriem Bennani est aussi une artiste talentueuse, qui exposera bientôt en solo son art à New York, dans la galerie Signal du quartier "in" de Brooklyn. Portrait de cette jeune artiste de 27 ans installée depuis six ans dans la Grosse Pomme, qui choisit l’humour et s’inspire du Maroc.

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Petite, Meriem passe son temps à dessiner et montrer ses "gribouillis" à ses parents. Après une filière littéraire au lycée Descartes de Rabat, elle obtient en 2005 son baccalauréat en candidat libre en France pour assurer sa spécialité Arts Plastiques. Au terme de deux années de prépa Arts, Meriem passe cinq ans à l'école des Arts Décoratifs de Paris, jusqu’en 2012. Lors d’un échange à New York avec son école, c'est le coup de foudre: pas question de quitter la ville. La jeune artiste passe alors le concours pour intégrer la prestigieuse Cooper Union où elle étudiera jusqu’en 2013.

Un attachement profond au Maroc

Loin de prendre pour modèle les artistes qui l’entourent, Meriem s'inspire plutôt des gens au quotidien et des éléments de la vie réelle. Elle aime glaner des inspirations qui ne sont pas du domaine de l’art et les intégrer à ses œuvres. Ses meilleures sources d’inspiration, c'est au Maroc qu'elle les trouve, mais c'est aux Etats-Unis qu'elle les exploite.

Régulièrement de passage dans le royaume depuis qu’elle a créé sa marque Jnoun avec sa sœur, Meriem s’inspire des membres de sa famille et de tout ce qu’elle voit autour d’elle. Dans son récent projet artistique Funjab, sorte de parodie de web-téléréalité, les deux personnages principaux sont d'ailleurs sa mère et sa tante. "Quand on grandit au Maroc en tant que fille, on n'a pas trop accès à la rue. Pas autant que j’aimerais, en tout cas. Je pense qu’un garçon a plus accès au monde extérieur. En tant que fille, on est un peu emprisonnée dans le monde des salons, un monde très intéressant où beaucoup de choses se passent, et c’est aussi cela qui m’inspire", nous confie-t-elle.

FARDAOUS FUNJAB [ TEASER ] from Meriem Bennani on Vimeo.

Après avoir documenté tout ce qu’elle a pu vivre lors de ses escapades au Maroc, Meriem prend le temps d’analyser cette "matière brute". "Je pense que le fait que ce soit si familier me permet de mieux analyser ce que je vois. Et comme je n’ai plus l’habitude de le vivre au quotidien, je peux prendre du recul et être plus étonnée que si je vivais encore au Maroc" explique l’artiste, qui distille tous les jours sur son compte Instagram des vidéos décalées et images animées.

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L'art de Meriem Bennani
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Première expo solo: La consécration

Après une première exposition dans la galerie Signal de Brooklyn avec une amie artiste Hayden Dunham, c’est solo que Meriem réinvestira bientôt l'espace immense de la galerie à partir du 13 novembre. Le New York Times s'est d'ailleurs penché sur son travail dans son édition du 28 octobre. L’artiste, qui a une approche digitale de l’art sur son site web, est impatiente de présenter aux visiteurs ses sculptures et ses installations où seront projetées des vidéos.

"Pour moi, c’est hyper excitant, même si cela fait un peu peur parce que j’ai un très grand espace", indique Meriem, qui a deux semaines pour tout préparer. Un laps de temps court mais qui permet à l’artiste rbati de garder une certaine intensité productive. "L’exposition entière sera une seule oeuvre. Dans ce que je vais faire, il y aura quelques éléments du Maroc. J’ai vraiment envie qu’on se sente autre part. Je veux créer un environnement où on oublie où l’on est, un univers à part", explique Meriem.

Impatiente de travailler sur cette exposition, Meriem pourra lâcher un peu son ordinateur sur lequel elle a beaucoup travaillé ces deux dernières années pour réaliser des projets vidéos et de l’animation: "Ça me manque vraiment de fabriquer des choses. Comme c’est un projet sur un espace spécifique, c'est l’occasion pour moi de penser en 3D, d'imaginer des sculptures, des installations".

Et la marque Jnoun dans tout ça?

Après avoir présenté en avril dernier le projet 1 de Jnoun, les deux sœurs se lancent sur Joteya.

Dans ce projet futuriste qui présente la joteya (marché aux puces) des années 2045, avec une vidéo de teasing qui rappelle le film Blade Runner, les deux sœurs choisissent d’investir l’espace urbain après avoir exploré les grands espaces marocains pour leur premier projet.

Pour les créatrices de Jnoun, la joteya est l’espace parfait pour combiner l’high tech au traditionnel, dans ce lieu où les vendeurs de hautes technologies côtoient les scribes et les antiquaires. Le thème de la joteya sera exploré pendant presque un an. Au fil des mois, la marque Jnoun présentera "des collaborations avec un artiste, une pièce forte, une collection capsule, imaginer tout type de collaboration toujours dans l’ancrage, Rabat-Paris-New York", explique Zahra Bennani, l’autre tête pensante de la marque Jnoun.

Sur leur nouvelle vidéo, les soeurs ont travaillé avec deux blogueurs mode casablancais, très street au niveau du look et qui collaient parfaitement avec l’univers joteya, Achraf Chagroufi et Mohcin Aoki, qui ont également participé au styling de la vidéo. Pour la musique, c’est toujours leur chouchou Flavien Berger, chanteur français en vogue qui fait partie des 100 personnalités qui façonnent la culture en France, selon les Inrocks.

La "veste J", pièce totem de ce nouveau projet, a été lancée. "En terme de création, notre fer de lance, c’est qu’on customise nos propres tissus. La veste J argent est matelassée avec un motif dune (clin d’oeil à la première collection), arbore un grand J devant en vinyle noir un peu glossy, et le logo jnoun dans le dos, la veste J noire arbore le même J et logo JNOUN en vinyl noir glossy. On a voulu, pour cette première pièce, faire du monochrome pour trancher avec ce que l’on a fait pour le projet 1 où nous avions vu dans la couleur.Les deux vestes sont disponibles en édition limitée sur notre eShop. Le code visuel de ce projet, c’est du noir, du blanc, du rouge, des pièces très graphiques, un peu cosmiques et rétro futuristes. On est dans ce va-et-vient constant entre la joteya de rabat et les street look new yorkais".

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Joteya by Jnoun
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Sur le web

Meriem Bennani on Vimeo

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