"Contre-pouvoirs" de Malek Bensmaïl, une caméra dans une rédaction à la veille du 4e mandat

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MALEK BENSMAIL
RCBéjaïa 2015
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Le théâtre régional de Béjaïa était comble mercredi 9 septembre. Plus de 350 personnes ont assisté à la projection de “Contre-pouvoirs”, le dernier documentaire du réalisateur algérien Malek Bensmaïl diffusé dans le cadre des 13e Rencontres cinématographiques de Béjaïa ouvertes samedi 5.

Fidèle à ses précédents films, le réalisateur de 49 ans poursuit son exploration de la société algérienne. Après l’hôpital (“Alinéation(s)”, 2004), un QG de campagne électoral (“Le grand jeu”, 2005) ou encore l’école (“La Chine est encore loin”, 2008), c’est dans le monde des médias que Malek Bensmaïl s’est, cette fois-ci, immergé.

Pendant six semaines, Malek Bensmaïl a installé sa caméra dans les bureaux du quotidien francophone El Watan ; au moment où les Algérien(ne)s s’apprêtaient à élire leur Président et qu’Abdelaziz Bouteflika annonçaient sa décision de briguer un 4e mandat.

Des conférences de rédaction aux joutes verbales enflammées des journalistes, en passant par le choix des dessins, des titres, le montage de la “Une ”, etc., le spectateur suit le quotidien de la rédaction en ce mois d’avril 2014.

belhouchet

Désobéissance

“Au delà de ce que l’on appelle les “révolutions arabes ” et autres termes médiatiques, ce film, je le souhaite avant tout comme une contribution à la mémoire des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, qui mènent un combat quotidien afin de préserver la liberté d’informer dans un pays politiquement et socialement sclérosé ”, écrit le réalisateur au début du film.

Titre v10 1 from specop27 on Vimeo.

Une forme de “désobéissance ” estime Malek Bensmaïl qui s’attarde, dans son documentaire, sur le mouvement Barakat contre le 4e mandat de Bouteflika. Ce combat des journalistes, il se lit sur leurs visages qui se transforment au grès des informations de la journée.

“Le huit-clos était un défi ”, confie Malek Bensmaïl au cours du débat suivant la projection. “Ça m’a poussé à me rapprocher des visages et à travailler les gros-plans”.

Quant aux journalistes-figurants, dont trois d’entres eux avaient fait le déplacement à Béjaïa pour l’avant-première, s’ils avouent une “certaine appréhension au départ”, ils se sont ensuite “pris au jeu”, a témoigné Mustapha Benfodil. “C’est un peu l’arroseur-arrosé mais Malek Bensmaïl s’est très vite fondu dans le paysage et nous a poussé à sortir de notre coquille”.

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Mémoire

Quand elle ne se trouve pas dans la rédaction, la caméra capture les travaux des nouveaux bureaux d’El Watan situés dans le quartier de Kouba. “Symbole de l’indépendance du journal” pour Malek Bensmaïl, ce nouveau siège, construit par une entreprise chinoise employant des ouvriers africains, représente aussi “l’avenir de l’Algérie”.

“Comme tous mes documentaires “Contre-pouvoirs” se veut un film-miroir sur la société algérienne“, commente le réalisateur algérien. “Nous avons besoin de nous regarder régulièrement et de poursuivre ce travail de mémoire car une famille qui n’a pas d’albums photos, n’est pas une famille”.

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La 13e édition des Rencontre cinématographiques de Béjaïa
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