Une Écossaise et un Marocain concluent un trek de l'extrême au Maroc

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EXPLOIT - Alice Morrison est une aventurière dans l'âme. Cette écossaise de 52 ans vivant à Marrakech a déjà relevé des défis physiques tels que le marathon des sables ou encore le Tour d'Afrique (12.000 km de vélo du Caire à Cape Town). Mais elle avait envie d'aller encore plus loin, de continuer de repousser ses limites. Elle en a discuté avec Charlie Shepherd un ami à elle, directeur du site Epic Morocco.

C'est ainsi qu'il lui a lancé un pari fou en proposant de la sponsoriser. Partir du mont Toubkal (4.167 mètres) pour rejoindre Agadir et l'océan. Accompagnée de Rachid Ait Elmahjoub, son guide de 26 ans, elle a parcouru les 300 kilomètres de ce trek de l'extrême du 25 juillet au 8 août. Ils sont les premiers a avoir emprunté ce trajet. Avec presque 18 heures de marche par jour, ils ont eu raison des montagnes de l'Atlas et de la chaleur du désert: "Avant de nous mettre en route, des collègues de Rachid lui avaient dit que notre tâche était impossible et que nous allions certainement devoir abandonner en route”.

Dormir chez l'habitant

Mais il est vrai qu'il y a eu des moments difficiles pour le duo, surtout au tout début de l'aventure: “Le soir du premier jour, nous nous sommes retrouvés sans aucune lumière alors que nous étions en train de descendre un terrain vertical juste à côté d'une cascade. Nous savions au départ que l'obstacle le plus compliqué à surmonter serait les dénivelés importants, et non pas la distance”.

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Durant leur périple, Alice et Rachid ont pu compter sur l'hospitalité des marocains rencontrés sur le chemin: "Dans tous les villages que nous traversions, les gens nous offraient le gîte et le couvert. Leur hospitalité et leur gentillesse étaient touchantes. Des gens qui avaient si peu voulaient absolument tout partager avec nous. Ils n'arrêtaient pas de nous dire "'mange, mange', pour nous encourager à nous nourrir. Ils nous laissaient dormir dans leur salon, et nous faisaient de réchauffer de l'eau pour nous permettre de nous laver ".

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La jeune fille et le charmeur de serpents

Visiter cette partie reculée du Maroc a permis à Alice de faire des rencontre surprenantes: " Nous étions invités à prendre le thé chez un homme. Lorsque sa fille de 15 ans m'a vue, elle a commencé à pleurer avant d'aller se cacher derrière sa mère. Il s'avérait qu'elle avait ouvert sa porte quelques mois auparavant à un charmeur de serpents itinérant, et que cette expérience l'avait traumatisée. Elle se méfiait depuis énormément des étrangers. C'est impressionnant de voir la différence entre le Maroc moderne et le Maroc rural, alors qu'ils ne sont qu'à quelques jours de voiture l'un de l'autre ".

Pour venir à bout de leur voyage, ils ont dû affronter la chaleur estivale en marchant sous des températures qui dépassaient les 40°: " Un jour, nous sommes arrivés près d'un bassin où se baignaient un groupe d'enfants. Rachid a proposé que nous allions nous baigner avec eux. L'eau fraîche et tous ces enfants qui plongeaient autour de nous, ce moment est resté gravé dans ma mémoire".

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Plaines arides

Trois jours avant la fin de l'aventure, Alice et Rachid ont rejoint les plaines, synonymes d'aridité. Et c'est à ce moment que les jours ont commencé à paraître longs, très longs. " Nous avons passé une journée entière sans trouver d'eau. Nous avons finalement croisé un camion qui transportait des melons jusqu'à Agadir. Nous en avons acheté un et invité un autostoppeur à le partager avec nous ".

Deux randonneurs anonymes sont finalement arrivés à Agadir après de longues journées de marche, de crampes et autres courbatures, loin du confort quotidien qu'offre la ville, mais avec le sentiment de s'être dépassés: " Nous avons enfin vu l'océan. Nous sommes arrivés sur la plage, fatigués et sales. Puis nous sommes entrés dans l'eau, un grand sourire aux lèvres. L'expédition allant de l'Atlas à l'Atlantique était terminée. Nous étions les premiers a avoir emprunté cette route. C'était une sensation incroyable et un des plus beaux moments de ma vie ".

dr

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