Nous avons testé Uber à Casablanca

Publication: Mis à jour:
UBER
Nous avons testé Uber à Casablanca |
Imprimer

TRANSPORT - A l’heure où Uber fait ses premiers pas dans la ville blanche, nous avons testé pour vous le service de transport à la demande entre particuliers. Pour bénéficier du service il faudra tout d’abord vous munir de votre smartphone. Le téléchargement de l’application Uber prend un peu moins d’une minute. La prise en main est tout aussi facile, rapide, ergonomique. Il faut par la suite s’inscrire, entrer un e-mail, un mot de passe personnalisé, votre numéro de portable, et un numéro de carte bancaire, qui ne sera utilisé que pour le règlement des courses, nous assure Uber. Le site nous envoie un code de sécurité à quatre chiffres par SMS, qui permet d'authentifier notre numéro de portable. Une fois cette étape réalisée, vous êtes prêt à commander votre premier Uber.

uber 1


Il est 9h03, l'application nous a géolocalisés et notre position, rue d’Alger, apparaît donc sur une carte de Casablanca. En élargissant la vue sur le smartphone, l’application nous montre plusieurs petites voitures en mouvement : ce sont les chauffeurs connectés à Uber les plus proches de notre position. L’un d’entre eux se situe à moins de 4mn de nous.

Après avoir entré la destination voulue, dans notre cas Boulevard de la Corniche, l’application calcule le montant théorique de la course : entre 37 et 43 dirhams, en fonction des aléas de la circulation. Il ne nous reste plus qu’à confirmer notre demande et apparaît quasi instantanément la photo de notre chauffeur, ses coordonnées et son immatriculation. Notre premier chauffeur du jour - nous l'appellerons Karim - conduit une Mercedes-Benz Viano, une sorte de mini van.

Si de prime abord, la possibilité de suivre la voiture en temps réel nous permet de faire un point sur son arrivée imminente, dans notre cas, elle soulèvera de nombreuses interrogations sur le sens de l’orientation de notre chauffeur. Lui accordant le bénéfice du doute mais surtout celui de l’heure de pointe, on patiente sagement. 9h30, Karim n’est toujours pas là. A le voir rebrousser chemin toutes les 10 minutes sur l’Avenue des FAR, on commence à s’inquiéter. 9h45, il est temps d’envoyer un SMS à notre chauffeur pour l’alerter et lui demander de vouloir "bien gentiment nous donner une estimation de son heure d’arrivée". 10h00, aucune réponse. On est sur le point d’annuler mais Uber nous rappelle qu’une annulation nous coûtera 30 dirhams. Rien que ça.

Pris au piège, nous regardons Karim toujours bloqué sur l’Avenue des FAR avec lassitude tandis que les petits taxis rouges semblent nous narguer au loin. 10h22, c’est la délivrance, Uber nous informe que notre chauffeur vient d’annuler la course. Après plus d’une heure d’attente, nous n’aurons finalement pas la chance de résoudre le mystère qui pousse Karim à opérer des demi-tours intempestifs. Une première expérience qui aurait de quoi refroidir les plus curieux mais surtout les plus pressés. Avant de poster un tweet assassin à Uber, nous décidons cependant de retenter l’"Uber expérience casaouie".

just arriving

Notre second chauffeur conduit un 4*4 "et arrivera à destination dans 4 minutes", nous indique l’application. En réalité, un peu moins de 10 minutes mais dans notre cas on applaudit des deux mains. Après un appel téléphonique, Yassine nous indique qu’il nous attend devant le Bervely Ice et nous nous empressons de le rejoindre. Garé en double file, notre chauffeur, tout sourire, fera tout de même l’effort de descendre pour nous ouvrir la portière en dépit des klaxons.

Direction Ain Diab, le temps d’une conversation et d’apprendre que notre conducteur vient tout juste de s’installer à Casablanca, depuis moins d’un mois. En provenance des Pays-Bas après une carrière de plus de 20 ans dans le secteur hôtelier, Yassine parle un anglais impeccable. Un premier jour stressant, nous confie-t-il, tout en s’enquérant d’avoir pris la bonne direction malgré son GPS.

La circulation est fluide, la voiture confortable et la compagnie de notre chauffeur très agréable. Selon Yassine, le service ne compte pour l’heure que 12 voitures et 22 chauffeurs à Casablanca. Les conducteurs, qui travaillent 10 heures par jour, se relaient de 7h à 17h puis de 17h à 3h en semaine et jusqu’à 4h le week-end. Alors qu’un taxi nous double par la droite, notre chauffeur semble déjà s’inquiéter de la réaction de ces derniers face à la concurrence qu’offre Uber. Mais pour l’heure, Yassine en est à son deuxième client et malgré la circulation "infernale", il semble confiant.

Au bout de 15mn 42s de trajet, nous arrivons à destination sur la corniche. Aucun paiement n’est effectué dans le véhicule. Nous nous quittons visiblement mutuellement satisfaits de cette course. Simple et efficace, Yassine nous réconcilie avec Uber. Nous recevons instantanément sur notre email, la facture. Une course qui ne nous aura pas coûté un seul dirham puisque Uber a pris soin d’offrir à tout nouvel utilisateur sa première course (à hauteur de 110 dirhams), tout simplement en entrant le code uberlovescasa au moment de la réservation.

La facture indique cependant le prix que nous aurions dû régler en temps normal : 62,06 Dirhams pour 6,84 kilomètres. Une note un peu salée quand on sait que le même trajet en taxi ne nous aurait pas coûté plus de 30 dirhams mais surtout qu’elle dépasse largement les estimations initiales de l’application.

facture

Notre Uber expérience de s’arrête pas là: nous décidons d’opérer le trajet inverse et commandons une nouvelle voiture. Il ne faudra pas plus de 3 minutes à Khalid pour nous rejoindre au point de rendez-vous renseigné au volant de son van. Pour l’heure, le parc casaoui d’Uber comprend 3 marques de voitures : Mercedes-Benz Viano, Hyunday Santa Fe et Volkswagen Touareg. Khalid, lunettes de soleil vissées sur le nez, chemise immaculée et pantalon de costume noir, nous ouvre la porte de sa voiture tout confort sans oublier de nous tendre la fameuse petite bouteille d’eau dont Uber a fait sa spécialité.

Le service est impeccable. Après avoir réglé la climatisation et confirmé notre adresse d’arrivée, Khalid démarre tout en douceur le véhicule aux vitres teintées. Notre chauffeur, qui a déjà escorté 4 clients ce matin, semble beaucoup plus à l’aise dans le dédale des ruelles casaouies. Il faut dire qu’à l’origine, Khalid travaille avec une agence de voyage qui l’aurait sélectionné parmi ses meilleurs éléments pour intégrer l’équipe d’Uber.

A noter que tout comme les autres chauffeurs, Khalid, qui a suivi une formation, parle aussi bien l’arabe, l’anglais que le français. La voiture est spacieuse et peut contenir jusqu’à 4 personnes pour le même tarif. A mesure que nous avançons, Khalid nous vante les mérites du service et appuie sur le confort offert aux clients. Reste une appréhension pour notre jeune chauffeur, commune à tous les conducteurs casaouis: les heures de pointe. Interrogé sur sa rémunération, Khalid reste discret et nous confie que les honoraires seront précisés d’ici la fin de la journée. Arrivés à bon port, notre chauffeur nous ouvre grand la porte devant une terrasse de café, un rien médusé, et nous salue poliment. Bonne surprise, la facture que nous recevons de nouveau par email est de 57 dirhams pour 16mn38 de route, directement débité sur notre compte bancaire. Une note un brin inférieur à la précédente et cela grâce à Khalid qui a emprunté le chemin le plus court.

Pour finir, Uber nous offre la possibilité de noter vos chauffeurs sur une échelle de cinq étoiles. Outre les tarifs, plus chers que ceux pratiqués par les taxis, et le confort, bien supérieur, Uber semble s’imposer comme une véritable alternative dans le paysage casaoui.

LIRE AUSSI:

À lire aussi sur le HuffPost Maghreb

Close
7 voitures qui ont marqué les Marocains
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction