Environ 4.200 migrants secourus vendredi en Méditerranée, 17 morts

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Le centre de secours des garde-côtes italiens, le 28 mai 2015, à Rome | AFP
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Quelque 4.200 migrants ont été secourus en Méditerranée vendredi, ont annoncé les gardes-côtes italiens qui coordonnent le sauvetage, tandis que 17 cadavres ont été retrouvés sur plusieurs embarcations de fortune.

Le total des personnes secourues en 24 heures est l'un des plus élevés de ces dernières années, mais les gardes-côtes n'étaient pas en mesure de préciser s'il s'agissait d'un record. Jusqu'à présent, les journées les plus chargées de cette année avaient vu le sauvetage de 3.791 migrants le 12 avril et 3.690 le 2 mai.

"Cela fonctionne beaucoup par vagues. Il peut y avoir plusieurs jours sans rien, puis de nombreuses arrivées d'un coup", a expliqué à l'AFP Flavio di Giacomo, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Italie.

Les appels au secours sont venus de 22 embarcations différentes, essentiellement au large de la Libye mais aussi au sud des côtes italiennes.

Les cadavres ont été retrouvés dans trois canots pneumatiques différents, à bord desquels se trouvaient également plus de 300 migrants en vie, selon le compte Twitter de la marine italienne.

Contacté par l'AFP, le service de presse de la marine n'était pas en mesure de dire ce qui avait pu provoquer les décès.

Les gardes-côtes insistent régulièrement sur les conditions "extrêmes" endurées par les migrants: déshydratation, alternance de chaleur et de froid, violences subies avant le départ ou pendant la traversée.

De nombreux migrants meurent également asphyxiés par des émanations des moteurs quand ils voyagent dans la soute d'un bateau de pêche, mais cela n'arrive pas sur les canots.

Les opérations de secours de vendredi ont impliqué au moins quatre bâtiments de la marine militaire italienne, des bateaux des gardes-côtes et de la police douanière, ainsi que des navires militaires irlandais et allemand, des navires étrangers engagés dans l'opération européenne Triton et des cargos déroutés.

Chaque opération peut prendre plusieurs heures, le temps de transporter les migrants de leur embarcation de fortune vers le bateau des secours. Même par temps calme, la manœuvre est toujours risquée, surtout en début d'intervention, quand le moindre mouvement sur le bateau surchargé peut faire chavirer toute l'embarcation.

Jeudi, plus de 700 migrants avaient été secourus en Méditerranée, dont la moitié par un porte-hélicoptère britannique.

Depuis le début de l'année, plus de 40.400 immigrés clandestins ont débarqué en Italie, mais environ 1.770 hommes, femmes et enfants sont morts ou disparus en tentant la traversée, selon le dernier bilan de l'OIM, qui ne prend pas encore en compte les personnes secourues vendredi.

Ces arrivées, même massives, restent du niveau de l'année dernière en Italie, où les autorités avaient enregistré 41.243 arrivées entre le 1er janvier et le 31 mai 2014.

La différence se fait surtout sentir en Grèce, où quelque 37.000 arrivées ont été enregistrées depuis le début de l'année, soit déjà 3.000 de plus que sur l'ensemble de l'année 2014, selon M. di Giacomo.

Mercredi, la Commission européenne a demandé aux Etats membres de l'UE de prendre en charge 40.000 demandeurs d'asile originaires de Syrie et d'Erythrée arrivés en Italie et Grèce, en signe de solidarité avec Rome et Athènes, mais la démarche suscite de très sérieuses réserves, en particulier en France.

A Lisbonne, Habib Essid s'oppose à la destruction de bateaux pour lutter contre les trafiquants de migrants

En visite au Portugal, le chef du gouvernement tunisien Habib Essid a estimé vendredi à Lisbonne qu'il y avait "d'autres choses à faire" avant de détruire les embarcations des trafiquants de migrants en mer Méditerranée, ajoutant qu'il fallait surtout "mettre de l'ordre en Libye".

"Il y a d'autres choses à faire avant de détruire des bateaux", a-t-il estimé devant la presse. "Je ne pense pas que le problème serait résolu, il faut essayer de regarder pourquoi les gens partent, pour les empêcher de partir".

"Avant toute chose, il est important de mettre de l'ordre en Libye", a relevé le dirigeant tunisien à l'issue d'une rencontre avec son homologue portugais Pedro Passos Coelho.

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