Terrorisme: Une cellule démantelée projetait d'assassiner des personnalités marocaines

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TERRORISME - La cellule terroriste démantelée le 22 mars s'apprêtait à frapper au nom du groupe État islamique (EI) et visait des personnalités de la société civile et des hommes politiques.

“Ils ont fait transiter des armes par l'enclave espagnole de Melilla, a indiqué Abdelhak Khiame, le patron du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), entité nouvellement créée pour lutter contre le terrorisme.

Les membres de cette cellule sont "au nombre de 13 et sont âgés de 19 à 37 ans. La plupart d'entre eux n'ont pas dépassé le niveau d'études primaires (…) Le chef de la cellule est un habitant d’Agadir", a rajouté Abdelhak Khiame.

Le BCIJ a saisi "440 cartouches, six pistolets et 31 menottes en plastique, ainsi que du matériel électronique" dans une cache près d'Agadir a-t-il ajouté, "selon les premiers résultats de l'enquête".

Lors d’une conférence de presse dans les locaux flambants neufs de la BCIJ, Khiame a fourni les premiers détails sur l’opération de démantèlement de cette "cellule terroriste" qui s'apprêtait à perpétrer des attaques contre "des personnalités de la société civile, des hommes politiques et des gradés de l’armée.

Parmi les personnes visées, seul nom qui a filtré, Ahmed Assid, chercheur et militant amazigh, connu pour ses positions en faveur de la laïcité. Les méthodes d’assassinat projetées s’inspirent de Daech et incluent l’enlèvement et l’égorgement filmé, “ce qui explique le nombre de menottes en plastiques saisies”, a précisé Khiame.

"Il n'a pas encore été établi si les personnes interpellées sont liées à des cellules en Europe", a poursuivi le patron de la BCIJ, précisant que les interpellés avaient été espionnés par les autorités "durant plus de cinq mois" grâce aux efforts de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) dont dépend le BCIJ.

Des contacts avec Daech via Internet

Seule chose certaine, les membres de la cellule démantelée n’ont jamais été à l’étranger et n’ont jamais eu de contact direct avec Daech, même si les échanges via Internet avec l’Etat islamique étaient soutenus, avec à la clé une allégeance à Daech.

Pour marquer son soutien à l’EI, la cellule s’était définie comme représentante de “l’Etat islamique dans le Maghreb extrême, descendants de Youssef Ibn Tachfine”, pointe du combat de l’EI à l’ouest du monde arabe. Contrairement à d’autres affaires de terrorisme, le démantèlement de la cellule terroriste s’est fait cette fois sans l'implication des services de sécurité espagnols.

D'après la même source, les membres de ce réseau prévoyaient au préalable "de mener des attaques contre des éléments sécuritaires pour s'emparer de leurs armes", notamment les forces de sécurité du plan Hadar.

Cellule de recrutement

Ils s'activaient en outre "dans le recrutement et l'envoi, via un financement étranger, de jeunes marocains" en Syrie et en Irak" pour combattre au côté de Daech. "La cellule était en contact avec Al Qaïda au début avant de se lier avec Daech et d'envoyer des combattants” en Syrie et Irak, a précisé Khiame.

Le Maroc, qui ne masque pas son inquiétude face au phénomène jihadiste, avait annoncé vendredi 20 mars la création du BCIJ, une structure dédiée aux risques "terroristes".

L'an dernier, Rabat avait déjà inauguré un dispositif de sécurité, nommé "Hadar", et complété sa législation antiterroriste. Selon des chiffres officiels, de 1.500 à 2.000 Marocains combattent ou ont récemment combattu au sein d'organisations jihadistes, en Irak et en Syrie mais aussi en Libye.

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