Les Dunes Électroniques: Retour sur un festival raté (PHOTOS)

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LES DUNES LECTRONIQUES
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DUNES ÉLECTRONIQUES - Le week-end dernier, les dunes du Sahara de Ong Jmal à Nefta ont pris l'eau! Le HuffPost Tunisie propose de revenir sur la deuxième édition des Dunes électroniques, organisé autour des décors de Star Wars.

La majorité des festivaliers interrogés s'accorderont à dire que le bilan est très décevant:

Les festivaliers rencontrés sur place n'ont pas pu masquer leur mécontentement. Après une première soirée annulée pour cause d'intempéries, la deuxième journée s'est déroulée sous la pluie sur un site clôturé et entouré par les forces de l'ordre venues en grand nombre. Enfin, la dernière journée a été délocalisée dans un hôtel.

Encore une fois, beaucoup ont regretté de ne pas avoir pu accéder au site de Star Wars, qui abrite les décors de Mos Espa, la ville de la planète Tatooine où Anakin Skywalker a grandi dans la saga de Georges Lucas.

Le site était gardé par un service de sécurité hostile et soucieux de préserver les décors. Seuls les organisateurs, les journalistes et les forces de l'ordre pouvaient y accéder.

Contacté par le HuffPost Tunisie, le directeur de festival Patrick El Ouerghi a indiqué que "dans ce climat d'insécurité, dans une région proche de la frontière, c'était très important d'avoir un dispositif de sécurité conséquent".

Il a précisé que "1.000 policiers avaient été affectés pour l'occasion. C'était très important d'assurer la sécurité de tout le monde, ça aurait pu être annulé par mesure de sécurité".

En effet, Patrick El Ouerghi a indiqué que "le feu vert officiel des autorités tunisiennes est arrivé un jour avant le début du festival".

"Nous avions l'impression d'être des veaux"

Au-delà de la sécurité autour des décors de Star Wars, les contrôles de police excessifs imposés tout au long du weekend ont excédé plusieurs personnes "venues avant tout pour s'amuser".

"Nous avons connu un trajet atroce depuis Tunis en voiture avec des contrôles à tout-va sur la route, sans aucun savoir-vivre des forces de l'ordre sur place. Le manque d'orientation, d'indications des organisateurs nous a choqués. Nous sommes contents de rentrer à Paris lundi", a indiqué un groupe de français, venu spécialement pour le festival.

les policiers

Les forces de l'ordre sont venues en nombre pour assurer la sécurité, près de 1.000 agents étaient présents selon le directeur du festival

Leila, elle, est arrivée de Monastir. À 27 ans, cette grande fan de Star Wars n'a pas pu cacher son mécontentement après avoir subi "un contrôle trop long à l'entrée et avoir été obligée de danser entourée de policiers déguisés en civil".

Cette sécurité imposée par le ministère de l'Intérieur pour contrecarrer la menace terroriste a excédé Leila, notamment lors de l'accession au site samedi et à l'hôtel dimanche.

"La peur de la menace terroriste est compréhensible mais nous avions l'impression de n'être plus des êtres humains, les policiers ont multiplié les fouilles et les contrôles de papier. Nous avions l'impression d'être des veaux qui pénétraient dans un abattoir."

Outre les policiers en civil, plusieurs festivaliers ne se sentaient pas en sécurité à l'intérieur, au-delà des vols constatés.

Un membre des forces de l'ordre a tenté de dérober le téléphone d'un journaliste du HuffPost Tunisie à l'entrée du site de Mos Espa. Plusieurs filles ont, elles aussi, dû lutter contre des mains baladeuses.

Venue du Maroc, Alice préfère voir les choses du bon côté. "La pluie, les conditions cataclysmiques et les contrôles de police répétés ne nous ont pas empêchés de faire la fête. Nous étions ensemble et c'est ce qui compte", a-t-elle déclaré.

police

"Les boues électroniques"

Après trois jours passés sous les trombes d'eau, plusieurs festivaliers ont également déploré le manque d'orientation et une organisation "approximative".

Ceux qui sont allés autour du site de Star Wars ont également dû lutter contre la pluie et le vent, notamment le soir.

Dans des conditions dantesques, certains festivaliers ont pris l'eau et ont décidé tout au long du weekend de plier bagage et de rentrer chez eux avant la fin du festival.

"C'était les boues électroniques" a indiqué ironiquement une festivalière sur place.

"J'ai l'impression d'avoir été arnaqué. J'ai payé près de 500 dinars (pass', hébergement et essence) pour venir et faire la fête, on est restés à l'hôtel, on n'avait aucune information sur la programmation et les changements de programme intempestifs. Je pensais au moins qu'ils allaient présenter des excuses mais sur la page Facebook je n'ai rien vu", a insisté Amine, dépité, en s'apprêtant à reprendre la route pour Sfax dimanche matin.

D'autres festivaliers ont relativisé: "Nous avons passé un weekend sympa ensemble dans une région que nous ne connaissions pas. Les habitants locaux ont été adorables, c'était vraiment agréable de partager un moment avec eux autour d'un son électronique" a commenté Achref, 25 ans, qui reviendra certainement l'an prochain.

Lors du point presse de samedi, l'un des organisateurs a assuré à un journaliste du HuffPost Tunisie que "400 parapluies géants allaient être mis à disposition" ... Sur place, il n'en était rien.

"Même pour la nourriture et les boissons, c'était un calvaire. De longues files d'attente pour avoir un sandwich merguez à 5 dinars" a indiqué Meriem, jeune étudiante venue de Mahdia pour voir Derrick May en live, l'une des têtes d'affiche du festival qui a finalement été décommandé.

"C'est dommage. Moi je suis venue pour lui et il n'était pas là... Je pense qu'un remboursement est nécessaire." Elle enchaîne: "le retour dans les hôtels était vraiment périlleux sur la route gorgée sans aucune luminosité, c'était vraiment dangereux."

Le directeur du festival a précisé qu'il n'y avait pas de remboursement prévu.

Selon les organisateurs, entre 8.000 et 9.000 personnes étaient sur le site samedi. Dimanche, environ 3.000 personnes étaient présentes. La majorité des festivaliers étaient déjà repartis.

"Malgré ces conditions extrêmes, nous avons réussi à relever le défi", a assuré Patrick El Ouerghi.

Le directeur du festival avoue que "les conditions n'étaient pas simples à gérer", mais que l'accent avait été mis sur la sécurité et le fait "d'avoir pu reloger tout le monde".

"Nous voulions que tout se passe bien, notamment au niveau de la sécurité et ça c'est l'essentiel. Reloger 10.000 personnes n'est pas facile et nous n'avons pas été aidés" a-t-il expliqué.

Patrick El Ouerghi a également assuré qu'il travaillait sur cette deuxième édition "depuis un an, pour le développement de la région".

"Malgré ces conditions météorologiques et certains lobbies locaux (hôtels de la région) qui nous ont empêchés de travailler et qui ont essayé de saboter, le festival a réussi à bien se finir. C'était grâce à l'enthousiasme des festivaliers et des habitants de la région qui ont tout fait pour que tout se passe bien", a-t-il dit.

"Le budget du festival est de 1.000.000 de dinars et nous avons perdu beaucoup d'argent pour cet événement. Toute la région a profité des dunes et c'est le plus important. On a réussi à remplir les hôtels et à booster l'économie de la région", s'est-il félicité.

Un festival de fausses notes qui inspire la toile

Certains twittos ont pointé du doigt certains comportements, critiquant notamment les commentaires des administrateurs de la page Facebook des Dunes électroniques.

Le directeur du festival a déploré que ce type de commentaires aient été publiés précisant que "c'était Zoopolis qui s'occupait de la gestion de la page et des réponses sur Facebook".

"Le respect des gens est la moindre des choses, dans ces conditions il faut faire profil bas", a-t-il insisté.

MISE À JOUR: Yan Degorce-Dumas, chargé de la communication auprès de Panda Events, organisateur des Dunes électroniques, a précisé par la suite qu'un membre de son équipe avait inséré ces commentaires sur la page Facebook.

"Nous présentons toutes nos excuses aux personnes qui se sont senties blessées et particulièrement à la personne en charge de l'administration de la page chez Zoopolis" a-t-il indiqué sur la page Facebook du HuffPost Tunisie

Pour ce qui est de la prochaine édition, Patrick El Ouerghi s'interroge encore. "Faudrait-il qu'on revienne l'an prochain?"

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