Abderrahmane Tadjeddine, physicien algérien de renom, décoré de la Légion d'honneur

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Abderrahmane Tadjeddine. Son nom ne vous dit probablement rien, tant il est discret et humble. Il est pourtant un physicien chercheur algérien de renommée, auteur de brillantes études scientifiques, ce qui lui a valu d'être décoré de la Légion d'honneur, haute distinction française.

Abderrahmane Tadjeddine est originaire de la wilaya El-Bayadh. "Issu d"un milieu qui ne laissait aucunement présager une carrière scientifique", il est le fils d'un imam, qui lui a appris l'arabe et le Coran. Très bon élève en classe primaire, celui qui deviendra directeur de recherche de classe exceptionnelles du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) ambitionnait de devenir enseignant.

"A la 3eme année du cours complémentaire, mes instituteurs de l'École normale d'Oran m'ont suggéré de devenir un maître d'école. Ce que j'aimais honnêtement", a-t-il révélé, débordant d'humilité, au HuffPost Algérie.

Il n’enseignera que quelques semaines à El Bayadh, avant d'obtenir en octobre 1963 une bourse pour préparer le concours des écoles normales supérieures. Il intégrera en octobre 1964 l’ENS de Cachan, où il entreprit des études de physique.

"Je m'étais préparé à rentrer au pays à la fin de mes études", explique-t-il. Son penchant irrésistible pour la recherche scientifique a toutefois pris le dessus lors de son stage en 1966. "J'ai découvert la recherche, et j'en suis devenu totalement malade", profitant ainsi des opportunités rares qui s'étaient offertes à lui.

Il a été recruté en 1969 au CNRS, après avoir réussi à l’agrégation de sciences physiques. Quelques années plus tard, Abderrahmane Tadjeddine a soutenu une thèse sur "la caractérisation optique des interfaces électrochimiques".

Après sa thèse de Doctorat d’Etat soutenue en 1976 sur sur la caractérisation optique des interfaces électrochimiques, il a continué à développer de nouvelles méthodes de caractérisation basées sur l’utilisation du rayonnement synchrotron fourni par des particules de haute énergie (accélérateurs de particules) et sur les lasers de haute puissance.

"Surpris" !

Modeste, Abderrahmane Tadjeddine s'est dit surpris d"être décoré de la Légion d'honneur par le Ministère français de la recherche. "Une belle décoration pour une carrière scientifique. Une reconnaissance pour un travail honnête d'un scientifique, qui m'a honoré", a-t-il précisé.

Le physicien chercheur algérien a également été lauréat de la médaille Rammal de Physique en 2001, délivrée par l'Union Européenne pour récompenser les scientifiques ayant pris part au développement de la recherche au-delà de la Méditerranée, et par le prix Tacussel de l’International Society of Electrochemistry (2000).

Abderrahmane Tadjeddine est l'auteur de 235 articles dans plusieurs revues spécialisées, encadreur de 28 doctorats dans le domaine de la physique, ayant participé à plus de 180 conférences internationales.

"Patriarche" de la recherche en Algérie

"Il était impensable pour moi que je reste en France sans connexion avec l’Algérie. Je ne voulais pas effectuer un travail symbolique avec l'Algérie, mais un travail de fond", a-t-il fermement martelé.

Une occasion pour reprendre en main son rêve d'enfant et enseigner bénévolement, de 1978 à 1993 à l'Université d"Oran Es-Sénia, à la post-graduation de physique du solide. Abderrahmane animait des cours, séminaires et accompagnait ses étudiants dans leur formation à la recherche, dans son laboratoire ou dans d'autres laboratoires français.

Il a continué à exercer comme chercheur émérite après avoir pris sa retraite en 2009, par amour à la science, poussé par "la drogue de la recherche", son "sacerdoce".

Il a contribué à la création de centres scientifiques, s'impliquant aussi "avec honneur" dans l'établissement de l'Académie algérienne des Sciences et de la Technologie,en phase de réalisation sous l'égide du Ministère algérien de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

S'il affirme avec modestie avoir "bénéficier d'une dynamique extraordinaire à l'indépendance", Abderrahmane Tadjeddine n'omet pas de souligner l'importance de la passion, de la persévérance et du sacrifice dans la réussite de chacun.

Il rappelle "qu'un chercheur ne peut pas travailler seul au 21e siècle", louant le poids du collectif et du partage. ""Il faut favoriser les échanges internationaux pour promouvoir la recherche et le développement et améliorer la réglementation afin de faciliter le retour et l’intégration des chercheurs algériens qui le souhaitent. Le travail en réseau impliquant les chercheurs du pays et de la diaspora m’apparaît un outil efficace dans cette direction".

"On ne peut pas obliger les cerveaux algériens à rester dans leur pays. Dans le domaine de la science, la compétition n'est pas locale, mais globale", mais "l'Algérie peut stimuler la recherche et offrir les infrastructures, car les chercheurs sont là".

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