M'hamed Kerrouche, le photographe des zones humides algériennes

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Entre 2003 et 2008, M’hamed Kerrouche a arpenté l’Algérie pour photographier les zones humides, célèbres et cachées, du pays. Pendant cinq ans, il est revenu plusieurs fois par an aux mêmes lieux pour capter, patiemment et passionnément, ces trésors naturels sous leur plus beau jour. De ses voyages, il a rapporté des images inédites et féeriques qui ont été rassemblées dans un livre L’Algérie, le littoral et les zones humides publié aux éditions Colorset.

Le photographe est revenu sur son expérience pour le Huffington Post Algérie.

J’ai découvert les zones humides pour la première fois en 2003 à l’occasion d’un reportage pour le Tassili magasine dans l’est du pays. Il s’agissait des lacs Oubiera, Mellah, bleu et Tonga. Ca a été un véritable coup de cœur.

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Le lac Mellah au crépuscule, 2006.

Les forestiers m’ont ensuite informé de l’existence de d’autres lacs à travers la région, vers Skikda et Annaba, mais je n’étais pas rassasié, j’étais gourmand, je voulais découvrir d’autres zones humides.

J’ai donc poursuivi mes explorations à travers l’Algérie car les zones humides sont partout dans le pays : à Oran, Tlemcen, Tamanrasset, Skikda, Jijel, Béjaïa, Setif, Alger, El Kala, Tarf, Annaba, Oum Bouaghi, Ouargla, Ghardaïa, etc.

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Je voyageais chaque année à différentes périodes de l’année car les couleurs changent en fonction des saisons. A chaque fois, j’étais aidé et encadré par des spécialistes. Sur place les forestiers et les ingénieurs chargés du suivi des oiseaux me donnaient une fiche technique générale de chaque lac. J’ai notamment été beaucoup guidé par Amar Boumezber, ancien directeur de la protection de la faune et de la flore à la direction générale des forêts (DGF) chargé du classement des zones humides.

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Ces flamands roses nichent dans la zone humide de Ouargla en plein sud du pays. Ils y restent toute l’année. Il faut se lever très tôt pour ne pas les rater car les flamands roses se déplacent donc si on ne les prend pas tôt, on ne les retrouve plus jusqu’au soir.

Sur les lieux, j’étais souvent seul, il n’y avait pas de concurrence avec d’autres photographes car c’est un reportage au long cours qui demande beaucoup d’argent. C’est presque de la chasse-photo, il ne faut ni fumer, ni se parfumer et on doit rester embusquer tout le temps pour ne pas faire fuir les animaux qui nous sentent à des centaines de mètres.

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"Pic bœuf en plein vol, je le suis avec le téléobjectif et je me mets en mode rafale jusqu’à obtenir la photo idéale pour avoir le battement des ailes nets et l’oiseau net".

Aucune de mes photos n’a été retouchée, ni avec un filtre, ni avec photoshop. A travers ce travail documentaire photographique, je voulais dévoiler ce patrimoine méconnu par de nombreux Algériens. J’ai donc organisé des expositions pour faire connaître mes travaux au public et j’ai découvert que beaucoup de gens n’avaient aucune connaissance sur le sujet. La plupart était émerveillé et n’arrivait pas à croire que c’était en Algérie.

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Le lac Mellah se situe près de l’aéroport donc les oiseaux migrateurs qui arrivent représentent un danger pour les avions. En premier plan, on voit les rejets et les déchets des usines de la ville.

Malheureusement, la main de l’homme n’a pas toujours protégé ces zones humides. Au moment où je parle, certains lacs ont disparu à cause de l’irrigation, la pollution, la chasse, etc.

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