Tunisie: Pour Mehdi Jomâa, l'élection présidentielle est "un grand espoir pour la région"

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JOMAA SARSAR
Le chef du gouvernement Mehdi Jomâa (à droite) en compagnie de Chafik Sarsar, président de l'Instance électorale | Facebook/PMTunisie
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La Tunisie procédait samedi aux derniers préparatifs de sa première présidentielle depuis la révolution de 2011.

Le Premier ministre Medhi Jomaa, chargé en début d'année de sortir la Tunisie d'une profonde crise politique et d'organiser les échéances électorales, s'est dit samedi "très confiant", voyant en la présidentielle un "espoir" pour la région, alors que l'essentiel des pays du printemps arabe ont basculé dans la répression ou le chaos.

"C'est un espoir, un grand espoir pour la région (...) Nous étions les premiers à rentrer dans ce cycle de changements qu'on a appelé le printemps arabe. Nous serons les premiers (à en sortir) mais d'autres suivront", a-t-il déclaré à l'AFP lors d'une visite dans la région de Béja pour superviser les préparatifs en vue de l'élection.

Près de 5,3 millions d'électeurs sont appelés aux urnes de 8h à 18h dimanche. 27 candidats sont en lice, parmi eux, 5 ont annoncé leur retrait mais restent inscrits sur les bulletins de vote.

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Le parti islamiste Ennahda, au pouvoir de fin 2011 jusqu'à début 2014 et deuxième aux législatives d'octobre, n'a lui pas présenté de candidat et a décidé de "laisser ses membres et partisans faire leur propre choix".

Première présidentielle libre

C'est la première fois que les Tunisiens pourront voter librement pour leur chef d'Etat. De son indépendance en 1956 jusqu'à la révolution de 2011, le pays n'a connu que deux présidents: Habib Bourguiba, déposé le 7 novembre 1987 par un coup d'État de son Premier ministre Ben Ali; et ce dernier, resté président jusqu'à sa fuite en Arabie saoudite le 14 janvier 2011.

La nouvelle Constitution confère au président de la République le pouvoir de déterminer les politiques générales de l'Etat tunisien dans les domaines de la défense, de la sécurité et des affaires étrangères.

Il peut présider le Conseil des ministres, soumettre des projets de loi ou encore dissoudre l'Assemblée nationale en cas de blocage pour la formation d'un gouvernement. Le président de la République choisit également un tiers des membres de la future Cour constitutionnelle.

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Menace jihadiste

Les autorités sont pour leur part sur le qui-vive de crainte d'attaques jihadistes durant le scrutin.

Ainsi, une cinquantaine de bureaux de vote ne seront ouverts que pendant cinq heures, au lieu de dix, dans des zones proches de l'Algérie où des groupes armés sont actifs. Et des dizaines de milliers de policiers et militaires seront déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

"Toutes les menaces se cristallisent autour de cette période-là qui constitue (...) le passage d'une situation en quelque sorte transitoire, provisoire, vers la stabilité" en Tunisie, a souligné à l'AFP le ministre délégué chargé de la Sécurité nationale, Ridha Sfar, jugeant cependant que le "tout se passe dans les meilleures conditions".

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