Des Egyptien(ne)s se mettent en grève de la faim par solidarité avec les détenus politiques

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Des activistes égyptiens ont entamé dimanche 7 septembre une campagne de grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques dans le pays. La campagne, baptisée “Gibna Akherna” (Nous en avons assez!) a été annoncée lors d’une conférence de presse (vidéo en haut de l'article).

Cette campagne a pour but de dénoncer la loi controversée anti-manifestation en appelant à son abolition et de demander la libération des prisonniers enfermés pour des raisons politiques, ont indiqué les initiateurs du mouvement.

Pas moins de 66 grévistes participent à cette campagne, dont 58 détenus dans les prisons égyptiennes et 8 en dehors des prisons, ont-ils déclaré lors de la conférence.

La loi en question, adoptée en novembre 2013, restreint sévèrement la liberté de manifester en Egypte. Le texte stipule que les organisateurs ont l'obligation d'indiquer au ministère de l’Intérieur la tenue de leur manifestations au moins trois jours à l'avance. Les manifestants n’obéissant pas à cette loi risquent de lourdes peines de prison ainsi que des amendes.

La grève de la faim comme arme de libération

Depuis plusieurs mois, le nombre d'activistes emprisonnés qui entament une grève de la faim à l’intérieur des maisons d’incarcération ne fait qu'augmenter. Parmi eux, le célèbre blogueur et activiste Alaa Abdelfattah, figure de la révolte égyptienne de février 2011 qui a fait tomber l’ex-président Hosni Moubarak.

Abdelfattah a été condamné à 15 ans de prison en juin dernier pour avoir violer cette loi. Il a débuté une grève de la faim ouverte le 19 août pour protester contre le refus des autorités égyptiennes de le libérer afin d’être “auprès de son père” qui a subi une opération chirurgicale.

Le père de Alaa Abdelfattah, l’avocat et activiste égyptien Ahmad Seif El Islam est décédé le 27 août dernier à la suite de complications après une opération de chirurgie cardiaque.

D’autres activistes politiques, dont Ahmed Douma ainsi que la sœur de Alaa, Sanaa Seif, sont également détenus pour avoir pris part à “des manifestations non autorisées” en attendant leurs procès. Ils ont annoncé, en compagnie de dizaines d’autres activistes, qu’ils entraient en grève de la faim jusqu’à ce qu’ils soient libérés.

Depuis le coup d’Etat contre l’ex-président égyptien Mohamed Morsi en juillet dernier, les autorités égyptiennes mènent une violente répression contre les Frères Musulmans ainsi que contre les activistes libéraux. Les grèves de la faim sont devenues un moyen fréquemment utilisé par les prisonniers de l’opinion en Egypte pour exiger leur libération.

Le journaliste Abdullah Al Shamy a ainsi mené une grève de la faim de 100 jours avant d’être libéré pour des raisons médicales en juin dernier.

Amendement

La loi anti-manifestation pourrait subir “une phase d’amendement”, selon une déclaration de Nasser Amin, membre du Conseil National des Droits de l’Homme (CNHR) égyptien, rapportée aujourd’hui 9 septembre par Al Ahram.

Les autorités égyptiennes ont demandé au CNHR de passer en revue le texte amendé avant son adoption, ajoute-t-il.

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