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Gaza: Israël réclame des garanties sécuritaires pour un éventuel cessez-le-feu

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AFP

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu dimanche qu’Israël ne se contenterait pas d’une réponse vague à ses exigences, au moment où devaient reprendre des discussions très indécises sur le maintien d’un cessez-le-feu précaire observé dans la bande de Gaza.

"Nous n’accepterons d’accord sur un cessez-le-feu que s’il y a une réponse concrète à nos besoins sécuritaires", a déclaré M. Netanyahu à l’ouverture du conseil des ministres, alors qu’un nouveau compte à rebours était lancé.

Les négociateurs israéliens et palestiniens ont moins de 48 heures pour s’entendre au Caire, par l’entremise des Egyptiens, et pour transformer en trêve durable un cessez-le-feu provisoire qui expire lundi à minuit (21H00 GMT).

Les hostilités ont fait depuis le début le 8 juillet d’une nouvelle offensive israélienne dans la bande de Gaza, au moins 1.980 morts côté palestinien, majoritairement des civils, et 67 morts côté israélien, dont trois civils.

La plus grande incertitude règne sur la faculté des délégués palestiniens, dont des responsables du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, et israéliens à trouver un accord surtout sur les questions de la levée du blocus israélien ou la démilitarisation de la bande de Gaza.

Cessez-le-feu unilatéral?

Israël aurait ainsi décidé dimanche soir de formellement rejeter une proposition de cessez-le-feu permanent telle qu’elle lui était soumise par l’Egypte, rapportait Maariv, l’un des principaux quotidiens israéliens, en citant des sources gouvernementales.

Alors que d’intenses consultations internes étaient encore en cours de part et d’autre, des responsables du Hamas ont exprimé leur intransigeance.

"Celui qui a vaincu aux frontières de Gaza (les combattants palestiniens), qui a interdit aux soldats de l’occupation (les Israéliens) de les franchir et les a forcés à se retirer avant même le cessez-le-feu n’acceptera aucune des conditions de l’occupant", écrit sur sa page Facebook Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau politique du Hamas.

Un échec des négociations ne signifierait pas nécessairement une reprise immédiate des hostilités, avec l’intensité qui a dévasté le territoire enfermé, exigu et surpeuplé. L’idée d’une cessation de fait des combats sans accord de cessez-le-feu est dans l’air depuis quelque temps en Israël.

Un cessez-le-feu unilatéral «serait une bonne solution si nous voyons que sur le plan sécuritaire, l’accord proposé n’est pas satisfaisant, qu’il menace directement notre sécurité», a dit le ministre Gilad Erdan, membre du cabinet de sécurité, à la radio publique.

L’absence d’accord laisserait les deux camps faire le décompte de leurs gains et de leurs pertes. Israël revendique d’avoir considérablement réduit les capacités de nuisance du Hamas. Mais il est critiqué à l’extérieur à cause du bilan humain causé, et pourrait l’être plus vivement à l’intérieur parce qu’il n’en aurait pas fini avec le Hamas.

Le soutien à la guerre est ultra-majoritaire en Israël. Mais des milliers d’Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv pour presser leur gouvernement de reprendre des négociations globales en vue d’une résolution du conflit israélo-palestinien. C’était la plus importante manifestation du «camp de la paix» depuis le début de l’offensive israélienne.

Le hamas attendu au tournant

Le Hamas, lui, se targue d’avoir résisté militairement à la plus puissante armée de la région. Il est cependant attendu au tournant politique de la reconstruction.

Les négociations du Caire se sont ouvertes sous les appels internationaux à saisir l’occasion pour aborder les questions de fond et faire en sorte que la guerre ne reprenne pas.

La dernière offensive israélienne baptisée "Bordure protectrice" est la troisième guerre subie en six ans par la bande de Gaza, sans parler des escarmouches constantes ou de la quasi-guerre civile de 2007.

Au Caire, les Israéliens refusent de parler au Hamas qu’ils considèrent comme une organisation terroriste. Le Hamas s’inscrit dans une délégation palestinienne élargie.

Au quartier général des renseignements au Caire, les Egyptiens font donc la navette entre les délégations israélienne et palestinienne, qui outre le Hamas comprend également le Jihad islamique et le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Selon un document auquel l’AFP a eu accès, les Egyptiens proposent un cessez-le-feu permanent et invitent à de nouveaux pourparlers dans un mois.

À l’ordre du jour seraient inscrites alors des questions épineuses comme l’ouverture d’un port et d’un aéroport à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens.

La levée du blocus est une exigence palestinienne primordiale. Le document égyptien reste vague sur le sujet, ne parlant que de l’ouverture de points de passage fermés.

De son côté, Israël exige la démilitarisation de Gaza, dont ne veulent pas entendre parler les Palestiniens.

Les différentes informations filtrant du Caire font état de discussions sur: la réouverture du point de passage de Rafah avec l’Egypte; le rôle dévolu à l’Autorité palestinienne aux frontières; une extension des zones de pêche des Gazaouis; une réduction de la zone tampon à la frontière avec Israël; les modalités de transferts d’argent.

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