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Gaza: Le Caire mène des négociations cruciales pour une trêve durable entre Palestiniens et Israéliens

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GAZA NEGOCIATIONS
Azzam al-Ahmad, chef de la délégation palestinienne et dirigeant du Fatah (g)au 2e tour de négociations indirectes entre Israël et le Hamas sous l'égide égyptienne au Caire le 12 août 2014 | AFP

La poursuite du cessez-le-feu, qui devrait prendre fin lundi à minuit, dépendra des nouvelles négociations auxquelles se préparent Israéliens et Palestiniens au Caire, après un mois d'une offensive meurtrière de l'armée israélienne sur la bande de Gaza.

Il appartient à présent aux négociateurs israéliens et palestiniens de s'entendre sur un cessez-le-feu durable. Côté palestinien au moins transparaissait une confiance prudente dans les chances d'un accord empêchant que reprenne un bain de sang qui a tué près de 2.000 Palestiniens, en majorité des civils, et de 70 Israéliens, en grande majorité des soldats.

Azzam al-Ahmad, chef de la délégation palestinienne et dirigeant du Fatah, faisait état samedi de progrès laissant espérer une trêve persistante et non pas seulement une nouvelle reconduction de quelques jours du cessez-le-feu en place.

"Nous avons grand espoir qu'un accord intervienne très prochainement, avant la fin de la trêve, et peut-être même très vite, pour un cessez-le-feu permanent", a-t-il dit à l'AFP.

"Nous pouvons parvenir à un accord si la partie israélienne accède à toutes les exigences de la délégation palestinienne unifiée, en particulier l'arrêt de toute agression contre notre peuple, de la guerre contre Gaza et la levée complète" du blocus, a dit à l'AFP un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

Les Israéliens, eux, se montrent très discrets.

Avec des exigences apparemment inconciliables, le défi relevé par les négociateurs est d'inventer la formule pour que chacun trouve son compte sans paraître offrir la victoire à l'autre.

Les Egyptiens font la navette

Au Caire, les Israéliens refusent de parler aux "terroristes" du Hamas, l'organisation islamiste qui contrôle Gaza et avec laquelle ils viennent de livrer bataille. Le Hamas s'inscrit dans une délégation palestinienne élargie au Jihad islamique et au Fatah du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Les Egyptiens jouent donc les intermédiaires et feront à nouveau la navette entre les délégués israéliens et palestiniens enfermés dans des pièces distinctes.

Les discussions menées jusqu'alors au quartier général des renseignements égyptiens ont conduit à un premier cessez-le-feu instauré lundi et reconduit jeudi pour cinq jours. Les délégués sont rentrés ensuite chez eux pour consultations.

Les discussions qui recommenceront dimanche devraient tourner autour d'une proposition égyptienne qui, selon un document auquel l'AFP a eu accès, instaurerait un cessez-le-feu permanent et inviterait à de nouveaux pourparlers dans un mois.

A l'ordre du jour, des questions épineuses comme l'ouverture d'un port et d'un aéroport réclamée par les Palestiniens mais à laquelle les Israéliens rechignent, ou la restitution à Israël des corps de deux soldats morts en échange de la libération de détenus palestiniens.

La levée du blocus, une exigence primordiale

La levée du blocus qu'Israël impose strictement à Gaza depuis 2007 et qui asphyxie l'économie du territoire est une exigence palestinienne primordiale.

Le document égyptien reste vague sur le sujet, se contentant de dire que des points de passage fermés seraient ouverts.

Israël accepte globalement de traiter avec l'Autorité palestinienne, l'entité censée administrer la Cisjordanie et Gaza mais qui a été évincée de l'enclave en 2007 par le Hamas. Les rivaux palestiniens viennent cependant de se réconcilier et de former un gouvernement d'union.

Les différentes informations filtrant du Caire font état de projets de réhabilitation et de développement de Gaza sous supervision internationale, ainsi que de la réouverture du point de passage de Rafah avec l'Egypte, la seule ouverture du territoire sur le monde extérieur qui ne soit pas sous contrôle israélien.

Cette réouverture est une autre attente importante des Palestiniens. Pour favoriser un accord et rassurer Israël, inquiet de l'entrée d'armes ou de matériel pouvant lui nuire, l'Union européenne s'est dite prête à ranimer et élargir la mission EUBAM engagée en 2005 à Rafah, où 70 officiers européens participaient au contrôle des personnes et des marchandises. La mission a été suspendue en 2007 après la prise de Gaza par le Hamas.

Des policiers européens pourraient aussi entraîner des policiers et des douaniers de l'Autorité palestinienne.

"Revenir au statu quo d'avant le conflit n'est pas possible", a estimé l'UE pour qui tout cessez-le-feu durable doit donc s'accompagner d'une levée du blocus.

On ignore cependant comment pourrait être satisfaite l'exigence israélienne de démilitarisation de Gaza, dont ne veulent pas entendre parler les Palestiniens.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a salué à ce propos l'appel européen à ce que tous les groupes "terroristes" de Gaza soient désarmés. "Un engagement de principe à la démilitarisation, appliqué suivant un mécanisme efficace, changera fondamentalement la situation".

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