Le e-commerce s'implante doucement mais sûrement en Algérie

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Malgré l'absence du paiement en ligne, les sites d'e-commerce se multiplient en Algérie. Faute de réglementation pour cadrer le secteur, leur qualité demeure, pour l'instant, inégale. Bon an, mal an, cependant, le secteur se professionnalise sous l'impulsion d'entrepreneurs algériens et étrangers qui misent sur une expansion rapide de ce nouveau marché une fois les entraves technologiques et législatives levées.

Les premiers sites de e-commerce algériens sont apparus à partir de 2012. eChrily.com (achète-moi) fait partie des sites pionniers dans le secteur de vente en ligne. Il est né en juillet 2012 à l'initiative de Abderezak Boudjerda, un jeune cadre du secteur pétrolier. Diplômé en sécurité industrielle de l’IAP (Boumerdes), le patron de eChrily n’a pas hésité à se lancer dans l’aventure des sites marchands en dépit des incertitudes économiques dans le domaine.

"Le projet existait depuis 2010", racontait le fondateur au site d'information Maghreb Emergent, au moment du lancement du site, "mais c'est avec l’apparition de la formule de paiement des cartes de recharge ePay, que l’idée a pu être concrétisée".

Spécialisé dans l'alimentation, eChrily.com, propose notamment des conserves, fruits et légumes, boissons, épicerie, crèmerie, etc. "Pour financer les achats sur le site il faut disposer de deux comptes utilisateurs. L’un sur le site epay.dz partenaire de eChrily qui fournit le côté e-paiement à travers des cartes de recharges de 1000 et de 2000 DA, et un autre compte sur le site de commerce électronique à partir duquel sont commandés les articles", détaille Abderezak Boudjerda.

Les précurseurs

Six mois plus tard, en janvier 2013, la toile algérienne accueillait deux nouveaux sites algériens de e-commerce: Tbeznyss.com, lancé le 12 janvier, spécialisé dans la vente de produits électroniques et Nechrifenet.com, créé le 16 janvier, proposant des produits d'équipement maison, électroménager, puériculture, etc.

Tbeznyss.com a été élaboré par Lamine Ghemati, jeune entrepreneur de 28 ans, avec deux amis. Ils ont travaillé pendant deux ans uniquement à l'aide de fonds propres, estimés par l'intéressé, à 500.000 dinars. "Au départ, on souhaitait réaliser notre projet à l'aide de l'ANSEJ mais le dossier a pris tellement de temps que nous l'avons finalement lancé sans aides extérieures", confiait-il en mars 2013. Grâce à sa formation en informatique, il a développé l'intégralité du site en utilisant la plateforme gratuite en open source "Open Cart", à laquelle il a ajouté des modules payants ou développés par ses soins, afin de la transformer en site de e-commerce adapté à l'Algérie.

Comme eChrily.com, Tbeznyss.com utilise le paiement en ligne par compte virtuel prépayé epay.dz pour l'achat des marchandises. Un service de livraison à domicile a aussi été mis en place pour la wilaya d'Alger et sa périphérie.

Tâtonnements

"Notre projet arrive peut-être un peu tôt compte tenu de la situation actuelle du commerce en ligne en Algérie", confiait le fondateur du site Nechrifenet.com, Djamel Bendjaber, au moment du lancement. Ce commerçant de 48 ans, à la tête d'une société de distribution, au chiffre d'affaires de 400 millions de dinars pour l’année 2012, a entrepris depuis deux ans d'importants investissements dans le e-commerce, à travers la société Algérie Cyber Market.

"On n'a rien inventé, on n'a fait que copier des modèles existant en les adaptant à l'Algérie", prend soin de préciser Djamel Bendjaber. En l'absence de cartes de crédit, Nechrifenet.com propose un paiement par virement ou par chèque. A défaut d'un service postal efficace, la livraison s'effectue à travers un réseau de points relais.

Qu'importe le résultat, pour Djamel Bendjaber, le but d'Algérie Cyber Market est avant tout de construire un modèle afin de se positionner sur un marché encore vierge. Ce commerçant passionné encourage ainsi la création de sites de e-commerce quels que soient les moyens. "Je préfère de petites initiatives, même imparfaites, que rien du tout car la compétition crée la qualité", avoue-t-il.

LIRE AUSSI: L'Algérie est l'un des pays les moins rapides en matière de connexion internet

Un cadre juridique à définir

Pour hisser le e-commerce au rang de véritable activité économique, l'Algérie manque de cadre légal. A l'heure actuelle, toutes les pratiques se côtoient : les noms de domaine varient du ".dz", au ".com" en passant par le ".fr", sans réelle explication.

Mais la multiplication des sites de e-commerce algériens a contraint les autorités concernées à s'emparer du sujet. L'ancien ministre du Commerce, Mustapha Benbada, a ainsi annoncé fin janvier 2013 la mise en place "d’une petite commission" composée des représentants du ministère du Commerce, de la Justice et des Télécommunications afin d'élaborer une plate-forme réglementaire pour le e-commerce et la signature électronique.

La directrice générale de la Satim, l'entreprise publique chargée des transactions interbancaires et de monétique, Nawel Benkritly expliquait, de son côté en mars 2013 que "des groupes de travail ont été mis en place pour rédiger des conventions de place protégeant les différents acteurs, à savoir les commerçants, les consommateurs et les banques".

"Nous travaillons avec des entreprises publiques sur une plateforme pilote de paiement en ligne réglementaire qui sera lancée prochainement. Tout est en place, ça devrait aller vite maintenant ".

En attendant, les entreprises n'ont pas arrêté d'investir dans le e-commerce. De nouveaux sites de vente en ligne apparaissent et des sociétés étrangères ont même fait leur entrée dans le secteur.

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.

Egalement sur le HuffPost Algérie:

Close
Top 10 des sites locaux algériens les plus visités
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction