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France: Deux Tunisiens sans-papiers régularisés pour leur héroïsme lors d'un incendie

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INCENDIE AUBERVILLIERS
AFP

Deux Tunisiens sans-papiers qui avaient aidé à sauver plusieurs personnes lors de l'incendie ayant fait trois morts, début juin à Aubervilliers, ont été régularisés mardi à titre exceptionnel par la préfecture de Seine-Saint-Denis, en récompense de leur bravoure.

"L'un et l'autre étant dépourvus d'un titre de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis, a décidé, eu égard à leur comportement exemplaire, de leur accorder une autorisation de séjour" en France, a précisé la préfecture dans un communiqué.

Ces deux colocataires, qui habitaient l'immeuble qui a pris feu le 7 juin, ont déjà reçu des récépissés, dans l'attente de la fabrication d'un titre de séjour d'un an, renouvelable trois fois.

Mohssen Oukassi, l'un des deux sans-papiers régularisés, s'est dit ravi. "Maintenant, je vais soigner ma jambe", brûlée dans l'incendie, puis "chercher du travail" déclaré, a expliqué à l'AFP ce Tunisien de 27 ans.

Originaire de Bizerte (nord), ce soudeur mécanicien raconte être arrivé en avril 2013 en France, après un passage par l'Espagne puis l'Allemagne, et y être resté à l'expiration de son visa.

De l'incendie, il se rappelle avoir eu le réflexe de frapper aux portes des voisins et de leur crier de ne pas descendre pour ne pas tomber dans le piège des flammes. Un pull sur le visage pour se protéger, "étage par étage, on a sauvé des gens, on n'a pas réfléchi à ce qu'on faisait", a-t-il relaté.

Avec plusieurs habitants, ils avaient finalement pu s'en tirer en passant par l'échafaudage de l'immeuble, en réfection.

Ce Tunisien qui n'a pas d'attaches familiales en France vit désormais dans un foyer du sud de Paris.

Son compatriote, Mohamed Khardeni, 28 ans, était arrivé en février 2011 en France où il a un frère.

L'incendie de l'immeuble du centre d'Aubervilliers a fait trois morts, trois blessés graves et 14 blessés légers. Deux femmes, dont une enceinte, étaient mortes en sautant par la fenêtre pour échapper aux flammes.

D'origine criminelle, l'incendie a été causé par un enfant de 12 ans qui a reconnu avoir mis le feu à une poussette avec des allumettes. Il a été mis en examen pour "destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort" et des blessures, et a fait l'objet d'une mesure de placement.

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