Le groupe allemand de défense Rheinmetall, ainsi que son compatriote Ferrostaal, doivent signer prochainement avec l'Algérie un contrat pour la production de 980 blindés mais aussi la construction d'une usine, a rapporté ce matin le quotidien Handelsblatt.

Le contrat serait d'une valeur de 2,7 milliards d'euros, ajoute le journal économique. Ce contrat, rapporte le site Africatime qui a diffusé l'information, concernant des chars de type Fuchs 2, constituerait une partie seulement d'un accord économique plus large entre l'Allemagne et l'Algérie, avec des projets atteignant un montant total de 10 milliards d'euros, dont la livraison de deux frégates par ThyssenKrupp et de véhicules industriels par Daimler, poursuit le Handelsblatt.

"Depuis 2009, il y a eu des discussions sur la fabrication de blindés Fuchs en Algérie", rappelle l'analyste de DZ Bank Markus Turnwald, mais le projet avait été mis entre parenthèses pour des questions de sécurité. L'analyste se montre positivement surpris par le prix évoqué par le Handelsblatt, l'action Rheinmetall grimpait d'ailleurs de 2,26% à 52,07 euros à la bourse de Frankffurt.

Handelsblatt, rapporte également, que l'Algérie se serait engagée, selon les termes de ce contrat, à ne pas revendre à un autre Etat les 120 chars qui seraient fabriqués chaque année sur son sol.

Le quotidien allemand qui rapporte l’information ne manque pas de s’étonner sur les dessous de ce contrat. "Pour la première fois, l'Allemagne livre non seulement des blindés à un Etat autoritaire mais aussi une usine complète", souligne le Handelsblatt.

A noter que les ventes d'armes sont régulièrement sujet à polémique en Allemagne. «La politique habituelle de l’Allemagne est de ne pas vendre d'armes lourdes à des dictatures», note encore la presse allemande.