Tunisie: Marche blanche en mémoire d'Eya, brûlée vive par son père

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L’histoire avait choqué sur les réseaux sociaux. Eya, une collégienne de 13 ans, est morte brulée vive par son père. Une marche blanche est organisée pour lutter contre le silence des médias et alerter sur le traitement des femmes en Tunisie. Parmi les organisateurs, Faten Abdelkefi, et Amal Bint Nadia, journaliste.

Lutter contre "l’indifférence"

Les circonstances du drame ne sont pas encore clairement établies. Selon certains témoignages, Eya serait rentrée du collège le 28 mai, en compagnie d’un camarade de classe, d’autres affirment que le père aurait aperçu sa fille en compagnie de camarades à l’intérieur du collège. Un acte qui aurait poussé son père à l’asperger d’essence avant de la brûler.

Transportée à l’hôpital, Eya est décédée des suites de ses blessures. Le père a été arrêté, il présentait des signes de brûlure. Selon Alala Rhouma, porte-parole du ministère public, le père d'Eya est toujours détenu, son procès devrait avoir lieu l’année prochaine.

Pour Faten Abdelkefi, l'une des organisatrices de la marche, la cause est évidente. "Cet acte barbare est ce qu’on appelle un crime d’honneur" affirme-t-elle. "Le père s’est senti bafoué en voyant sa fille avec un garçon et il l’a tué".

Faten Abdelkefi et les autres organisateurs veulent dénoncer "l’indifférence face à cet acte". L’indifférence des médias mais aussi l’indifférence du ministère public qui ne communique pas sur l’enquête" s’insurge-t-elle, "nous n’entendons que des rumeurs contradictoires".

Un homme et une femme côte-à-côte

Pour les organisateurs, le but de la marche n’est pas politique. "Les partis politiques ne réagissent pas de toute façon" déplore Faten Abdelkefi.

"Nous savons que l’horreur des crimes d’honneur existe en Tunisie, mais comme ça… Ce que nous voulons, c’est montrer qu’aujourd’hui en Tunisie, un père peut tuer sa fille dans la rue, pour rien".

Cette marche blanche silencieuse est une "marche citoyenne". Objectif: faire avancer un homme et une femme côte-à-côte.

"Nous voulons prouver qu’en Tunisie, une femme peut encore marcher à côté d’un homme" affirme Amal Bint Nadia. "Nous voulons aussi avoir un accès au dossier et savoir si l’enquête avance."

La marche blanche est prévue jeudi 19 juin à 12h. Elle partira de la place des droits de l’homme à Tunis et s’arrêtera devant le Ministère de la Femme.

Pour participer à la marche blanche

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