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Tunisie: "Redeyef 2014, la ligne d'une tentative", une exposition au Palais El Abdellia à La Marsa les 14 et 15 avril (PHOTOS)

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REDEYEF
Quand Redeyef dévoile la magie de son art à La Marsa | Fredditcela Blog

Une exposition se tiendra au palais El Abdellia à La Marsa les 14 et 15 avril, de 19h à 22h. Baptisée "Redeyef 2014, la ligne d'une tentative" elle mettra en lumière une expérience artistique qui s'est déroulée à Redeyef.

Peintres, photographes, plasticiens sonores, chorégraphes, et écrivains ont choisi de se rendre dans la ville du gouvernorat de Gafsa durant un an et demi pour y développer une plateforme artistique nommée "Siwa".

Cette exposition mettra en relief leur travail en collaboration avec les habitants de la ville.

Réunissant à la fois, lycéens, chômeurs et étudiants, des jeunes aux profils différents et aux parcours variés, le laboratoire artistique "Siwa" a pour objectif de travailler avec la jeunesse de Redeyef pour mettre en exergue "cette région quasi-oubliée où peu de choses, en terme de culture, se passent".

Redeyef, lieu de l'art... du vrai!

Loin des projecteurs et des crépitements des flashs, cette ville est imbibée de rêves artistiques inachevés!

En proie à l’agitation sur fond de chômage et de cherté de la vie, des jeunes de la ville rêvent "d'un monde plus juste, d'un pays qui permettrait d'être libre... vraiment!".

Ce discours avait été tenu par Kadhem Nemsi, 24 ans au HuffPost Maghreb il y a tout juste un an.

Né en Irak, il avait rejoint Redeyef lorsque sa mère était venue s'y installer: "j'étais tout petit alors, je ne parlais pas encore". Ce jeune, qui a quitté l'école en première année secondaire, est un symbole du vent artistique qui souffle sur les parois minières de la ville.

Kadhem travaillait dans le bâtiment à Tozeur et participait à un atelier théâtral lorsqu'il rentrait du boulot avec le but "d'échapper à l'ennui et avoir cette chance d'incarner quelqu'un d'autre".

Il raconte que "grâce au théâtre, je peux être n'importe qui, le temps d'une scène, je peux être Président, étranger ou même policier (...) Ça me permet d'échapper au quotidien des chantiers".

Dans cette ville désertée par les forces de l'ordre depuis 2011, Kadhem anime lui même l'atelier de théâtre dans la Maison de Jeunes de la ville, il écrit des textes "souvent jusqu'à deux heures du matin" parce qu'il est plus inspiré la nuit, et embarque les jeunes curieux de la ville pour cette expérience théâtrale, "tout aussi improvisée que sa vie".

Dans "son petit bureau" au sein de la maison de jeunes de Redeyef, il décrit son rêve: "Être à Tunis, pouvoir interpréter les pensées de notre ville et faire découvrir à la capitale, nos sentiments les plus profonds".

Il tente, à travers ses écrits, de dépasser "le sentiment de l'horreur et de l'exclusion qui nous habite tous ici à Redeyef" témoigne-t-il.

Malgré son jeune âge, il a vécu des moments "terribles" lors de la répression du bassin minier en 2008. "Tous les habitants de la ville n'oublieront jamais la cruauté des forces de l'ordre."

Viols, crimes et humiliations, il garde toujours en mémoire des images bouleversantes. "Je me souviens très bien des visages de ces policiers qui ont pratiqué ces horreurs, si on me donne la possibilité de témoigner dans un procès je le ferais sans hésiter. Des gens qui ont fait autant de mal ne méritent pas de rester en liberté" avait-il alors raconté.

Kadhem Nemsi tiendra sa petite revanche puisqu'il présentera au public de La Marsa ses textes, ses souvenirs et ceux de ses "frères": "J'ai écrit des mots à partir de leurs émotions qui sont les miennes".

Siwa présentera cette exposition pour montrer que "les oubliés de la révolution" sont peut être le seul pilier artistique sur lequel la Tunisie peut s'appuyer désormais. " Nous, on ne cherche pas la notoriété, l'argent, la célébrité", explique celui qui refuse de gagner sa vie avec son art. "On veut s'exprimer en liberté et dévoiler nos pensées".

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Redeyef à l'époque coloniale
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