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Ukraine: le Parlement vote la libération de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko

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LIBERATION TIMOCHENKO
AFP

INTERNATIONAL - Et si elle était la seule bénéficiaire de la crise qui secoue l'Ukraine depuis trois mois ? Le Parlement ukrainien a voté samedi 22 février une résolution pour libérer "immédiatement" Ioulia Timochenko, l'opposante emprisonnée depuis plusieurs années, égérie de la "révolution orange" de 2004, ex-Premier ministre, et symbole selon ses partisans de la "justice sélective" en Ukraine.

Dans un premier temps, l'agence AP a annoncé, citant la porte-parole de Ioulia Timochenko, que celle-ci avait été remise en liberté peu après le vote. Quelques minutes plus tard, l'agence américaine a toutefois corrigé son information, citant la même source, indiquant que l'opposante est toujours emprisonnée à Kharkiv.

Le texte, voté à 322 voix, "prévoit la libération immédiate de Ioulia Timochenko sur la base d'une décision de la Cour européenne", a expliqué à l'AFP le député Viktor Chvets, juriste du parti Batkivchtchina dont fait partie l'opposante emprisonnée. Vendredi, le Parlement Ukrainien avait déjà voté la libération théorique de l'opposante, mais la loi devait encore être approuvée et signée par le président Ianoukovitch. Or, ce dernier est parti de Kiev dans la nuit de vendredi à samedi pour rejoindre la ville de Kharkiv, à l'est du pays, encore acquis à sa cause.

La fille de l'opposante, présente lors du vote samedi (au centre), n'a pu retenir son émotion :

Selon Eugenia Timochenko, il sera toutefois compliqué de faire sortir sa mère de prison. Ecoutez-là, interrogée (en anglais) par le Kyiv Post :

L'ancienne égérie de la Révolution orange pro-occidentale en 2004 avait été condamnée en 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir.

Sa libération a plusieurs fois été évoquée. C'était d'ailleurs une des conditions préalables posées par l'Union européenne pour la signature de l'accord d'association que devaient signer l'Ukraine et l'Union européenne en novembre dernier. L'abandon de cet accord par les autorités ukrainiennes et leur volte-face vers la Russie avaient rendu caduques les exigences européennes.

Rencontré par le HuffPost en octobre dernier, le Premier ministre Mykola Azarov (il a depuis démissionné) avait d'ailleurs laissé entendre que la libération de Ioulia Timochenko était imminente.

Ses proches nommés aux postes-clés

Mais face à une opinion publique profondément partagée (à la fois sur le sort de Timochenko et sur l'accord d'association avec l'UE), libérer l'opposante n'était pas sans risque pour le pouvoir ukrainien. D'abord, les autorités souhaitaient empêcher Ioulia Timochenko de participer à la présidentielle initialement prévue en 2015. Une libération sans conditions avant la crise aurait pu remettre dans le jeu cette redoutable adversaire, toujours très populaire en Ukraine (elle avait recueilli 45,47% des suffrages au second tour de l'élection présidentielle en 2010).

Une éventuelle libération aurait également envoyé un mauvais signal aux partisans de Viktor Ianoukovitch. Ils considèrent l'ancienne Premier ministre -par ailleurs impliquée dans d'autres procédures judiciaires que celle pour laquelle elle est actuellement emprisonnée- comme responsable des nombreux maux du pays.

Preuve s'il en fallait de influence de "la princesse du gaz" , le Parlement ukrainien -dont la majorité a changé de main après la défection de plusieurs députés du Parti des Régions de Ianoukovitch- a désigné samedi un proche de l'opposante comme ministre de l'Intérieur par intérim. Un autre proche de Ioulia Timochenko, Olexandre Tourtchinov, avait auparavant été élu président du Parlement, en remplacement d'un proche démissionnaire de Viktor Ianoukovitch.

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