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Les shebabs somaliens ont pris d'assaut le palais présidentiel

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SOMALIE
Des soldats somaliens après l'attentat à la bombe, février 2014 | AFP/Archives Mohamed Abdiwahab

Le palais présidentiel de Mogadiscio a été visé vendredi par un spectaculaire attentat "commando" revendiqué par les islamistes shebab qui a fait des morts mais dont le dirigeant somalien est sorti indemne, selon des responsables somaliens et onusiens.

Le palais présidentiel est de nouveau sous contrôle des autorités, a affirmé un ministre somalien.

Une voiture piégée avait d'abord explosé contre l'enceinte du complexe, pourtant très sécurisé. Ont immédiatement suivi une dizaine d'hommes armés, qui ont pu pénétrer dans l'enceinte, rapportent des sources sécuritaires et des témoins.

"Le président (Hassan Cheikh Mohamoud) vient de m'appeler pour dire qu'il n'était pas blessé", a déclaré sur Twitter le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Nick Kay, ajoutant que l'attaque avait coûté la vie à plusieurs autres personnes.

Selon un témoin, Hussein Isa, un kamikaze a foncé à bord de la voiture remplie d'explosifs contre le mur d'enceinte. Un autre véhicule, avec à son bord les hommes armés, a immédiatement suivi.

Des échanges de coups de feu ont alors été entendus, a poursuivi ce témoin, qui se trouvait dans un bâtiment proche .

Selon un journaliste de l'AFP présent à proximité du palais, les combats s'étaient calmé vers 11H00 GMT.

Le porte-parole des shebab Aziz Abu Musab, qui a immédiatement revendiqué l'attaque, a cependant affirmé que les affrontements se poursuivaient.

Attaques de plus en plus sophistiquées

"Nos commandos ont attaqué le prétendu palais présidentiel pour tuer ou arrêter ceux qui sont à l'intérieur", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Nous tenons encore certains des bâtiments et les combats se poursuivent", a-t-il ajouté.

Il a expliqué que "l'assaut" envoyait le message "qu'aucun endroit n'est sûr pour le gouvernement apostat".

"L'aéroport, le soi-disant palais présidentiel, comme tout autre endroit en Somalie peuvent être attaqués suivant nos plans", a ajouté le porte-parole des insurgés islamistes.

L'attaque contre le palais présidentiel intervient une semaine à peine après un autre impressionnant attentant dans la capitale somalienne, lui aussi revendiqué par les shebab.

Le 13 février, six personnes au moins avaient ainsi péri dans un attentat à la voiture piégée revendiqué par les islamistes et visant un convoi de l'ONU à l'entrée du complexe lui aussi ultra-sécurisé de l'aéroport de Mogadiscio.

Le complexe aéroportuaire abrite notamment le quartier-général de la force de l'Union africaine en Somalie Amisom, des bureaux de l'ONU et des antennes diplomatiques occidentales. Une équipe de conseillers militaires américains déployée depuis janvier en Somalie pour aider l'Amisom y est également basée.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda et qui ont juré la perte des autorités somaliennes, ont été chassés de la capitale somalienne en août 2011 par la fragile armée somalienne et la force de l'ONU.

Depuis, ils ont aussi perdu leurs bastions des sud et centre somaliens.

Mais ils continuent de contrôler de vastes zones rurales et, à Mogadiscio, de lancer des attaques de type guérilla de plus en plus sophistiquées.

Le 1er janvier 2014, un double attentat à la voiture piégée devant un hôtel de Mogadiscio, fréquenté par des responsables somaliens et étrangers en visite dans la capitale somalienne, avait ainsi encore fait au moins onze morts.

La Somalie est plongée dans le chaos et la guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

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