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L'Egypte attend son Mandela, les Palestiniens le pleurent

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ARAFAT MANDELA
AFP/Philip Littleton

Quelques heures après que le monde ait appris la mort de Nelson Mandela, des Egyptiens se sont tournés vers les réseaux sociaux pour commémorer son combat de toute une vie pour la justice. Attristé par cette nouvelle, ils sont nombreux à avoir parlé de la nécessité d'un tel dirigeant pour l'Egyte.

Hafsa Halawa, une Anglo-Egyptienne qui a fait partie des 43 employés d'ONG menacés d'emprisonnement en Egypte, a tweeté dans la nuit: "Sur le coup, je ne peux m'empêcher d'imaginer combien l'Egypte aurait été différente si nous avions eu notre propre Mandela". Ashraf Swelam, membre du comité responsable des amendements de la Constitution égyptienne, a tweeté hier: "Le jour où le nelson Mandela de l'Afrique du Sud meurt, j'espère que le Mandela égyptien naît quelque part. RIP héros".

Alors que des Frères musulmans avaient récemment qualifié l'ex-président controversé Mohamed Morsi du "Mandela du monde arabe", cette comparaison a été violemment attaquée par des personnes critiques du dirigeant islamiste et de son idéologie.

L'attaché de presse du président par intérim Adly Mansoura a déclaré vendredi que l'Egypte comme l'Afrique toute entière garderait en merveilleuse mémoire le leader de l'anti-apartheid. "Son message restera pour toujours une source d'inspiration pour tous ceux qui cherchent la justice, la vérité et la bonté". Le ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy a quant à lui comparé Mandela à d'autres dirigeants africain tel Gamal Abdel Nasser, symbole de la fierté nationale pour beaucoup, bien que certains critiquent un héritage ambigü.

En réponse à ces comparaisons, la bloggeuse égyptienne Zeinobia a tweeté: "Nous n'avons pas besoin d'un nouveau Nasser en Egypte. Nous avons besoin d'un nouveau Mandela".

Pour les Palestiniens, Mandela conserve une aura de héros qui a défendu la cause palestinienne contre l'occupation israélienne. Le dirigeant soutenait l'OLP et avait qualifié le leader palestinien Yasser Arafat de "compagnon dans le combat pour la liberté".

Dans un discours tenu en 1997, Mandela affirmait que "la liberté de [son] propre peuple était incomplète sans la liberté des Palestiniens".

En apprenant sa mort, le président palestinien Mahmoud Abbas a salué Mandela, "un symbole de libération du colonialisme et de l'occupation", "le plus courageux et le plus important de nos soutiens".

"Mandela était un exemple de liberté et de combat pour tous les Palestiniens", a confié Mohammed Al-Khatib, jeune palestinien de la ville cisjordanienne de Hebron, au Huffington Post. Hebron, souvent qualifié d'épicentre du combat palestinien, est une ville parsemée de barrières en béton, de soldats israéliens en armes et de routes et lignes de bus séparées pour chacun. "Mandela est une des grandes inspirations pour notre combat", a conclu Al-Khatib.

Des personnalités israéliennes n'ont pas manqué de saluer la grande qualité du dirigeant Mandela. Pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, Mandela est "un des grands exemples à suivre de notre époque", "un combattant pour la liberté opposé à la violence", bien que celui que tus saluent aujourd'hui avait été, dans le passé, étiueté comme terroriste pour sa résistance armée face à l'oppression.