La révolution cinématographique des femmes dans les pays arabes

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Au Moyen-Orient, les femmes se sont découvert un nouveau porte-parole: le septième Art.

L’Arabie Saoudite, où les cinémas sont quasi-inexistants, pourrait être représentée pour la première fois aux Oscars (qui se tiendra le 2 mars 2014), dans la catégorie meilleur film étranger. Et ce, grâce à une femme: Haifaa Al-Mansour.

"Wadjda", le premier long-métrage de la réalisatrice Saoudienne, raconte l’histoire d’une petite fille qui se bat pour avoir le droit d’enfourcher une bicyclette dans le royaume wahhabite.

Récompensé plusieurs fois à l’international (à Venise, Dubaï, Cannes…), ce film est la première œuvre d’une femme saoudienne, mais pas la première dans le monde arabe.

L’Egyptienne Aziza Amir ("Leila", 1927) l’Algérienne Assia Djebar dans les années 70 ("La Nouba des femmes du Mont Chenoua" et "La Zerda ou les chants de l'oubli"), puis la Tunisienne Moufida Tlatli en 1994 ("Les Silences du Palais") sont considérées comme des pionnières dans le domaine.

Au Maghreb, on pense aussi à la Marocaine Farida Benlyazid ("Ruses de femmes", "Une porte sur le ciel"), aux Egyptiennes Inès al-Dighidy et Asma al-Bakry, ou encore à la Tunisienne Fatma Skandrani.

Depuis, de Turquie en Afrique du Nord en passant par le Moyen-Orient et le Pakistan, des femmes se mettent derrière la caméra pour lever le voile sur les sujets plus ou moins délicats qui touchent leurs sociétés.

"Les femmes réalisent qu’elles souffraient d’un double menace: que les Occidentaux parlent pour elles, et que les hommes parlent pour elles… Alors elles se sont mises derrière les caméras", expliquait la journaliste egypto-américaine Mona Eltahawy.

Un autre exemple de cet essor cinématographique est le succès du film "Caramel" (2007), de la Libanaise Nadine Labaki, qui raconte avec humour les histoires de cinq femmes qui se retrouvent régulièrement dans un salon de beauté à Beyrouth.

Les Palestiniennes Buthina Canaan Khoury et Annemarie Jacir ont aussi été les premières de leur pays à s’illustrer dans le septième Art.

"C’est un effet domino. Voir une femme arabe faire des films inspire et encourage d’autres à en faire de même", dit Buthina Canaan Khoury. "Et le plus nous produisons, le plus nous suscitons l’intérêt. Avant, nous étions vues comme des phénomènes exotiques, uniques, mais nous avons désormais une multitude de voix et nous sommes prises plus au sérieux."

Pour ces femmes, c’est un moyen d’expression. Pour le reste du monde, c’est une fenêtre précieuse sur la société arabe contemporaine.

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Si le cinéma oriental féminin est en pleine éclosion, les obstacles demeurent, comme l’avait rappelé Wassila Tamzali, responsable du programme des droits des femmes à l’UNESCO:

"Faire un film est une course d’obstacles. Faire un film dans un pays arabe est encore plus difficile. Faire un film dans un pays arabe, lorsqu’on est une femme arabe, est presque impossible. Et faire un film, dans un pays arabe, pour une femme arabe qui choisit de parler de sa condition de femme dans une société arabe, cela est un authentique exploit..."

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