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Les Unes de journaux au lendemain de l'attentat-suicide de Sousse

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UNE JOURNAUX TUNISIE
Facebook/Zombies

Des images d'une violence extrême ont été diffusées massivement sur les réseaux sociaux mais aussi dans la presse écrite ce jeudi 31 octobre à la suite de l'attentat-suicide qui a eu lieu hier sur une plage de Sousse. Journée macabre que ce 31 octobre, également marqué par la célébration d'Halloween ailleurs dans le monde.

Gros plan sur l'horreur

Ce matin des journaux comme Al Chourouk, Attounssia, Al Sabah ou Al Sour (tous en langue arabe) affichaient en Une une photo du corps mutilé, brûlé et complètement défiguré de l'homme qui s'est fait exploser hier. La diffusion de ces photos par des journaux de presse écrite accessibles à un public très large pose la question de l'éthique et de la déontologie de ces médias. Le Web s'est révolté à la suite de la diffusion de ces images:

Corps déchiqueté ou femme dénudée?

Le journal Attounsia avait publié des photos "choc" en février 2012. Réalisées pour le magazine "GQ" allemand, des images "hot" de Sami Khedira et de sa compagne, le mannequin Lena Gercke. Une enquête avait été lancée par le procureur de la République, entraînant les gardes à vue de trois personnes, parmi lesquelles le rédacteur en chef Nasreddine Ben Saïda, qui restera en détention durant sept jours.

La polémique avait fait rage et le public s'était offusqué des images du footballeur allemand d'origine tunisienne en compagnie de sa femme quasiment nue.

Un corps décomposé, brûlé et coupé en deux semble être plus acceptable.

Contacté par le HuffPost Maghreb, Jameleddine Bouriga, président de l’Observatoire de la déontologie journalistique, a indiqué que "ces photos macabres sont bien entendu beaucoup plus graves que les photos dénudées (en référence à Sami Khedira et sa compagne, ndlr). "

Quand l'horreur se conjugue à la terreur

Au regard de la fragilité populaire en cette phase de transition et du climat d'insécurité grandissante, la publication de ce type d'image est susceptible d'alimenter le sentiment général de terreur et joue ainsi le jeu du terrorisme. Pour Jameleddine Bouriga "ces photos sont morbides. En effet, cela est considéré comme un dépassement journalistique."

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Le sensationnalisme entrevu dans les journaux aujourd'hui remet par ailleurs en cause le rôle pédagogique d'information des médias en général. Bouriga confirme qu’"on ne peut pas afficher comme cela le malheur des autres et une photo montrant un cadavre en gros plan, cela va à l'encontre de la dignité humaine".

Dans une Tunisie plongée dans la crainte et la terreur, la presse ne devrait-elle pas préférer des seins nus à un cadavre déchiqueté?

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