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Sahara: Rabat rappelle son ambassadeur à Alger pour protester contre des propos de Bouteflika

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Le Maroc a annoncé mercredi le rappel pour consultations de son ambassadeur à Alger, en raison notamment de récents propos du président algérien Abdelaziz Bouteflika sur le Sahara occidental, qualifiés de "provocateurs" et "foncièrement agressifs" par Rabat.

"Cette décision fait suite à la multiplication des actes de provocation et d'hostilité de l'Algérie" et "plus particulièrement" le discours lu au nom de M. Bouteflika lundi lors d'une conférence sur le Sahara à Abuja, a indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué publié par l'agence officielle MAP.

Ce message du président algérien, au "contenu volontairement provocateur" et aux "termes foncièrement agressifs", "illustre (une) volonté délibérée d'escalade", a affirmé le ministère.

Selon la même source, "les représentations diplomatiques et consulaires du royaume en Algérie continueront à fonctionner sous l'autorité d'un chargé d'affaires".

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Cette décision marocaine intervient dans un contexte de tensions renouvelées entre les deux pays, dont les relations sont affectées de longue date par le conflit du Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Polisario avec le soutien d'Alger.

Dans un discours lu en son nom lundi par le ministre algérien de la Justice Tayeb Louh, Abdelaziz Bouteflika avait jugé "plus que jamais d'actualité" la mise en place d'un mécanisme international de surveillance des droits de l'Homme au Sahara.

L'agence marocaine MAP, entre autres, avait en réponse accusé l'Algérie de chercher à "servir ses desseins hégémoniques dans la région", entraînant à son tour une vive réaction du ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.

L'exacerbation des tensions entre l'Algérie et le Maroc, dont les frontières sont officiellement fermées depuis 1994, intervient en outre après une nouvelle mission dans la région de l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Christopher Ross, dans le but de sortir le dossier de l'impasse.

En avril, le Maroc s'était farouchement opposé -avec succès- à un projet de résolution américain visant à élargir le mandat de la mission onusienne au Sahara (Minurso) à la question des droits de l'Homme.

Mais, lors d'un récent discours, le roi Mohammed VI avait tenu à prévenir tout "optimisme béat".

"La situation est difficile. Rien n'est encore tranché. Les manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale ne vont pas s'arrêter", avait affirmé le souverain, exhortant "l'ensemble des citoyens" à la mobilisation.

"Au lieu d'attendre les attaques de nos adversaires pour y riposter, il faut plutôt les acculer à la défensive", avait-il plaidé.