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L'électro-dabkeh, le nouveau son branché des clubbers du monde entier

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SOULEYMAN
Wikimedia Commons/Stuart Sevastos

Omar Souleyman, la star de l'électro-dabkeh, vient de sortir son album "Wenu Wenu", produit par le britannique Kieran Hebden, alias Four Tet, sous le label Ribbon Music (qui a aussi lancé Franz Ferdinand et les Arctic Monkeys).

Un homme de 57 ans moustachu, toujours vêtu d’un keffieh rouge, d’une djellaba et de lunettes noires, qui chante des chansons de mariage sur un fond de synthétiseurs stridents et de sonorités orientales, ainsi que des clips qui vous feront sûrement sourire… Un résultat décalé qui séduit les clubbers du monde entier!
Découverte musicale.

Souleyman le magnifique?

Ce Syrien exilé en Turquie a su révolutionner l’ambiance des mariages traditionnels en y apportant sa propre touche de "Shaabi street sound" depuis 1994.

Mais c’est en 2006 que son style si particulier commence à s’exporter à l’étranger, grâce au label américain Sublime Frequencies, qui promeut les musiques du monde.

Depuis, de fil en aiguille, de boîtes de nuit en festivals, et des mariages syriens à la ferveur électro internationale, Omar Souleyman est devenu l’icône de la "transe Dabkeh".

Des artistes tels que Björk, qui lui a confié le remix de son tube "Crystalline", et Damon Albarn (des Gorillaz) sont eux aussi tombés sous le charme de ce chanteur aux faux airs d’ancien dictateur irakien (on vous laisse deviner qui).

Björk remixée par Omar Souleyman

Avec des paroles pour le moins poétiques comme "Je creuserai ta tombe de mes mains et t’enterrerai dans ma poitrine", "Je vis dans la hantise de mourir avant de t’avoir embrassée", "Mes yeux pâtissent de ton absence, mon foie s’est putréfié à force de t’attendre", il y a de quoi…

Dabkeh avant-gardiste

Mais la dabkeh, c’est quoi au juste? Il s’agit en fait d’une danse folklorique de groupe que l’on retrouve dans les banquets et mariages au Liban, en Syrie, en Palestine, en Jordanie et en Irak.

Traditionnellement, les participants se mettent en ligne, épaule contre épaule, et tapent énergiquement le sol du pied.

On dit que l’origine de la dabkeh remonterait au XVème siècle, lorsque les propriétaires appelaient les voisins à la rescousse pour aplanir le toit de leur maison.

"La dabkeh est une danse qui se pratiquait dans les villages, à l’extérieur. Elle devint ensuite une danse d’intérieur pour célébrer des mariages ou tout autre événement que nous fêtons dans ma région. Il y a différentes sortes de dabkeh, chaque région et chaque peuple arabe ont leur propre façon de danser la dabkeh sur la musique qui va avec", explique Omar Souleyman sur The Independant .

Sa façon à lui, c’est de mixer ces sons traditionnels avec un rythme électro. Et ça marche.

"Warni Warni", du nouvel album "Wenu Wenu", sorti le 22 octobre 2013

Une pensée pour la Syrie…

Dans un pays ravagé par une guerre civile depuis de longs mois, les mariages se font rares, et les fêtes quasi-inexistantes.

Sous le feu des médias, comme son pays d’origine d’ailleurs, le chanteur garde pourtant sa Syrie en tête:

"Tout ce que je veux c’est que tout cela s’arrête et que tout le monde puisse retrouver une vie normale (…) Quand je vois des gens qui ont faim, ou des gens morts, ça me rend triste. Parfois, je n’ai même plus envie de chanter."

Il ajoute sur The Guardian: "Le fait que personne ne sache de quoi demain sera fait est déprimant en soi. Il n’y a plus de musique en Syrie, tout s’est figé. Après toutes ces tueries et destructions, c’est vraiment difficile de faire de la musique. Ca a affecté tout le monde, surtout moi. Je ne m’y connais pas en politique, je n’ai pas de solutions."

En attendant, il continue de faire vivre cette Syrie d’autrefois, si regrettée, à travers sa musique, qui ne laisse vraisemblablement pas indifférent!

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