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Guerre des mots entre le Maroc et l'Algérie sur le Sahara occidental

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DAKHLA
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Nouvel échange d'amabilités entre l'Algérie et le Maroc sur le Sahara occidental.

Lundi, dans un discours lu en son nom par le ministre algérien de la Justice Tayeb Louh, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a jugé "plus que jamais d'actualité" la mise en place d'un mécanisme international de surveillance des droits de l'Homme au Sahara occidental.

Selon le quotidien El Watan, le chef de l’Etat algérien a jugé que "les violations massives et systématiques des droits de l’Homme qui ont lieu à l’intérieur des territoires occupés pour réprimer la lutte pacifique des citoyens pour la liberté d’association, de manifestation et d’expression, ne sauraient laisser la communauté internationale indifférente".

L'agence officielle marocaine MAP n'a pas tardé à répliquer, accusant Alger de chercher à "servir ses desseins hégémoniques dans la région" et de "brouiller les cartes" pour "détourner l'attention des graves violations de ces droits qui se produisent quotidiennement sur (son) territoire".

"L’Algérie, par la voix de son Président, s'est encore une fois adonnée à son exercice favori consistant à contrecarrer la dynamique de recherche d'une solution politique consensuelle et négociée de la question du Sahara, dans laquelle s'est inscrit de bon aloi le Royaume du Maroc", a dit la MAP, citée par Yabiladi. "Assurément, dans ce jeu d'instrumentalisation du droit international et des droits de l'Homme plus spécialement, l'Algérie ne trompe plus personne", poursuit-elle.

Auparavant, le parti Istiqlal, ex-membre du gouvernement marocain, avait demandé aux autorités "de récupérer les territoires du sud-est que l'Algérie (a) pris de force et qui comprennent notamment Tindouf", en référence à une région située en Algérie.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a aussitôt dénoncé les propos "absolument inadmissibles et irresponsables" du Maroc.

Mardi, M. Lamamra a appelé les "frères marocains à la retenue" et insisté: "Cet incident ainsi que les déclarations, faites par un chef de parti politique marocain ouvertement et outrancièrement expansionnistes, sont absolument inadmissibles et irresponsables".

La déclaration de M. Bouteflika constituait seulement "un rappel de la position bien connue de l'Algérie", a souligné M. Lamamra lors d'une conférence de presse.

Le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc, après le départ du colonisateur espagnol. L'Algérie soutient les indépendantistes du Front Polisario, qui réclament un référendum d'autodétermination, tandis que le Maroc propose une large autonomie sous sa souveraineté.

Le conflit du Sahara, seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n'a toujours pas été réglé, continue d'empoisonner les relations entre l'Algérie et le Maroc, dont les frontières sont fermées depuis 1994.

Situé sur la côte Atlantique, le Sahara occidental (266.000 km2), bordé par le Maroc, la Mauritanie et l'Algérie, est un territoire quasi désertique, riche en phosphates. Son littoral de plus de 1.000 km de long est par ailleurs très poissonneux.

Sa population s'élève à un demi-million d'habitants. Outre Laâyoune, les principales villes sont Dakhla (sud) et Smara (est).

En 1975, la Cour internationale de justice de La Haye s'est prononcée pour l'autodétermination de la population du territoire. Cette décision a été suivie par une "Marche verte" à l'appel du roi Hassan II, mobilisant 350.000 Marocains pour marquer "l'appartenance" du territoire au Maroc.