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Tunisie: Un syndicat policier demande le retour des cadres déchus par la révolution

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Défilé des forces de l'ordre tunisiennes | fb/Ministère de l'Intérieur

Un important syndicat de policiers a menacé le gouvernement "d'autres formes de revendications et de manifestations" si la sécurité des agents face "au danger terroriste" n'était pas assurée, et réclamé la réintégration de cadres limogés après la révolution.

Retour des cadres et agents limogés ou emprisonnés après la révolution?

Dans un communiqué diffusé dans la nuit de vendredi à samedi, le Syndicat national des forces de sécurité intérieure (SNFSI) a publié une série de revendications adressées au gouvernement.

Celles-ci incluent le limogeage sous "48 heures des directeurs généraux du ministère de l'Intérieur nommés sur la base de leur allégeance" à Ennahdha, "la réintégration des cadres de la sécurité intérieure limogés après la révolution" de janvier 2011 et la libération des agents "injustement emprisonnés dans les affaires en relation avec la révolution".

Il prévoit aussi de porter plainte contre le Premier ministre Ali Larayedh en raison de la mort de gendarmes et de policiers dans des attaques djihadistes ces derniers mois. Le SNFSI demande la création d'une "cellule de crise" pour lutter contre le terrorisme qui sera "indépendante des directives du gouvernement".

LIRE AUSSI: La Tunisie face au terrorisme, le prix du déni des autorités

Ce syndicat revendique 40.000 membres sur les quelque 60 à 70.000 policiers, gendarmes et pompiers que compte la Tunisie, un nombre invérifiable de source indépendante.

Le syndicat n'a pas précisé quelles actions il comptait mener en cas de rejet de ces revendications, évoquant uniquement "d'autres formes de revendications et de manifestations". Il a cependant d'ores et déjà prévu une marche lundi sur l'avenue Habib Bourguiba de Tunis, haut lieu de la révolution, qui prendra la forme de "funérailles nationales symboliques" des agents tués ces derniers mois par des groupes armés djihadistes.

Le ministère de l'Intérieur n'avait pas réagi samedi en début d'après-midi et était injoignable.

Les pressions s'accentuent sur le gouvernement au moment opportun

Ces menaces interviennent une semaine après la manifestation organisée par ce syndicat qui a chassé le président Moncef Marzouki et le Premier ministre d'une cérémonie officielle en hommage à deux gendarmes tués par un groupe djihadiste.

LIRE AUSSI: Marzouki, Ben Jaâfar et Larayedh "dégagés" de la cérémonie pour les gardes nationaux tués

Par ailleurs, les familles des six membres de la Garde nationale tunisienne tués par un groupe armé dans la région de Sidi Bouzid avaient refusé toute présence du gouvernement lors des funérailles organisées jeudi dernier.

Les syndicats policiers de Tunisie ont régulièrement dénoncé le manque de moyens pour lutter contre la mouvance islamiste armée.

Sécurité ou révolution: Choix obligatoire?

Les revendications et les pressions des forces de l'ordre, pierre angulaire du régime de Ben Ali, interviennent alors que le dialogue national, ayant pour aboutissement la démission du gouvernement dominé par Ennahdha, vient de débuter.

La journaliste du Monde Isabelle Mandraud a récemment fourni un bilan de la situation, dressant des parallèles entre les efforts de faire progresser la transition post-révolutionnaire et les tensions sécuritaires. Aujourd'hui, les revendications du syndicat policier visant à réintégrer des éléments déchus de l'ancien régime s'appuient ostensiblement sur le climat d'insécurité.

De plus en plus palpable, la tension entre la sécurité et le processus politique du dialogue national pointe un risque d'instrumentalisation des soucis d'insécurité de la part de plusieurs acteurs aux intérêts divers.

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