Deux années se sont écoulées depuis les premières élections libres en Tunisie, celles de l'Assemblée nationale constituante. Chargée de rédiger une Constitution dans un délai ne dépassant pas un an selon un document signé par la grande majorité des partis (à l'exception du CPR) avant les élections, l'Assemblée n'a toujours pas achevé ses travaux.

Date anniversaire d'un jour historique et mémorable pour les uns, piqûre de rappel pour une année passée dans "l'illégitimité" et le non-respect des engagements pour les autres, ce 23 octobre 2013 sera chargé, entre manifestations et dialogue national.

En attendant Ali Larayedh

Les yeux seront sans conteste rivés sur le chef du gouvernement, Ali Larayedh. De ce dernier dépendra en effet le lancement du dialogue national.

M. Larayedh a prévu une déclaration à la presse vers 11H00, après un Conseil des ministres extraordinaire consacré au dialogue. Il est attendu que le Premier ministre annonce l'intention de son gouvernement de démissionner selon les termes de la feuille de route élaborée par le quartet de médiation.

"La démission du gouvernement est un secret de polichinelle et Ali Larayedh est un homme de parole", a déclaré Mustapha Ben Jaâfar mardi soir, dans une interview télévisée.

Le dialogue national devrait, si tout se passe comme prévu, débuter à 15H00 au ministère des Droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle, au Bardo, en présence de l'ensemble des participants (partis politiques et organisations du quartet).

Les députés en retrait de l'Assemblée nationale constituante se sont quant à eux engagés à se conformer à la feuille de route, à la condition qu'Ali Larayedh exprime clairement sa démission prochaine.

En principe, les travaux au sein de l'Assemblée, parallèlement aux discussions portant sur le prochain gouvernement, devraient débuter immédiatement après la séance inaugurale. Cependant, une plénière portant sur un projet de loi en rapport avec la classification des terrains a été programmée le 24 octobre.


Manifestation et contre-manifestation

Plusieurs partis de l'opposition, particulièrement ceux représentés au sein du Front du salut national, ont appelé à une grande mobilisation ce mercredi, à midi, sur l'avenue Habib Bourguiba.

Cette manifestation, selon ses organisateurs, vise à maintenir la pression sur le gouvernement pour qu'il démissionne, mais aussi à condamner la violence politique et le terrorisme.

Les appels à descendre dans la rue se sont multipliés depuis deux jours, émanant également de la chaîne de télévision privée Nessma TV, qui n'a pas lésiné sur les moyens.

LIRE: Nessma TV incite à manifester le 23 octobre... Ennahdha appelle au boycott, les internautes réagissent

D'autres spots critiquant le bilan jugé désastreux de la Troïka au pouvoir depuis deux ans circulent sur les réseaux sociaux.

Les Ligues de protection de la révolution (LPR), milices violentes proches des islamistes, ont également prévu de manifester ce 23 octobre pour l'accélération du processus de transition. Selon Mosaïque FM, les LPR auraient également obtenu une autorisation de manifester sur l'avenue Habib Bourguiba.