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Tunisie: Bientôt une agence de renseignements

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En gestation depuis mars 2012, une agence de renseignement pourrait bientôt voir le jour en Tunisie. C’est ce qu’a affirmé le ministre auprès du Chef du Gouvernement en charge de la Gouvernance et de la lutte contre la Corruption Abderahman Ladgham, lundi 21 octobre sur les ondes d’Express FM.

La Tunisie a-t-elle un déficit de renseignement? Les récents évènements le suggèrent. Mais moins de trois ans après la chute du régime de Ben Ali, la création d’une agence de renseignement annonce pour certains le retour de la police politique. “Sous la dictature, tout le monde pensait, imaginait être mis sur écoute et ce n’était pas faux. Il y avait beaucoup de peur”, soutient M. Ladgham. “Mais la démocratie a une certaine faiblesse, c’est ce qu’on appelle la démocratie molle, celle qui est faible dans l’application de la loi”, poursuit-il.

Et pour appliquer la loi et mettre fin au “crime organisé” et autres actes terroristes, le ministre explique la nécessité de “mettre en place un système de renseignement professionnel et neutre au service d’un l’État de droit”. Selon M. Ladgham, cette agence sera “indépendante” mais devra rendre des comptes à l’Assemblée nationale. Le comité de pilotage sera conduit par des représentants du ministère de l’Intérieur (police et garde nationale), des représentants de la douane ainsi que du ministère de la Défense. Le ministère de la Bonne gouvernance mettra “la base juridique de sa création et se chargera de coordonner tout cela. Il “va jouer le rôle de catalyseur”, précise M. Ladgham.

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La création de cette agence de renseignement intervient dans un contexte où la Tunisie est en “guerre contre le terrorisme”, selon les termes du ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou. Lors d’une conférence de presse sur les évènements meurtriers de Gbollat, son porte-parole Mohamed Al Aroui a expliqué que pour faire face à la menace terroriste, les forces de l’ordre ont besoin d’“aide logistique” mais aussi de “renseignements”. Il a même appelé les citoyens à aviser la police des informations qu’ils détiennent. La délation pour la stabilité du pays: l’idée qui aurait pu choquer il y a quelques mois trouve aujourd’hui un écho favorable parmi des Tunisiens, désormais inquiets pour leur sécurité.

“On veut que cette agence soit pour le citoyen, avec le citoyen et au profit du citoyen”, déclare Aderahman Ladgham. Le projet de création, devra être présenté au conseil des ministres dans trois mois.