Des photomontages pour démonter le mythe de l'armée en Egypte

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"Au cours des 18 jours de manifestations place Tahrir, lorsque le monde fut mis sens dessus dessous, je fus surprise de voir que l’idée que nous nous faisions de l’armée, en tant que défenseur de la nation, commençait à s’effriter. Quelque chose que je pensais solide semblait soudain extrêmement fragile, ultra-menu."

Fin janvier 2011, la photographe égyptienne Nermine Hammam se trouvait place Tahrir, au Caire, lorsque les chars de l’armée vinrent en renfort pour contenir la révolte grandissante. Débarquèrent alors de jeunes soldats, trop jeunes d’après Nermine, trop fragiles, trop vulnérables, innocents et un peu perdus finalement face aux évènements qui se déroulaient sous leurs yeux.

C’est ce qu’elle a voulu faire transparaître dans sa série "Uppekha" (équanimité ou sérénité), en référence à l’un des concepts centraux du bouddhisme.

Casser le mythe de l’armée toute-puissante. S’attaquer aux stéréotypes du pouvoir militaire. Humaniser ces soldats, noyés dans l’entité militaire.

Le projet "Uppekha" consiste à superposer des photos de ces soldats sur des fonds de cartes postales un peu kitsch aux couleurs acidulées. En transportant ces jeunes hommes dans des décors paisibles, faussement naïfs, parfois oniriques, Nermine Hammam a voulu montrer le côté "tendresse militaire, coquetterie virile, et fragilité masculine".

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Photo: Nermine Hammam

"Je suis sûre que ces gosses préfèreraient ne pas être ici, place Tahrir, ne dormant pas pendant des jours, sans toilettes, ne mangeant pas correctement. Ils préfèreraient être en vacances", déplore la photographe.

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Photo: Nermine Hammam

"Ce projet traite de la jeunesse, de la jeunesse au niveau universel, de cette façon dure et cruelle d’envoyer nos enfants à la guerre", explique-t-elle.

Ces photos, parodiant parfois des affiches de propagande des années 40 et 50, dégagent aussi comme un sentiment de nostalgie.

Nermine Hammam souligne que c’est une façon, par ailleurs, de caricaturer la "couverture médiatique de la révolution égyptienne, consistant à coller sa propre interprétation sur les événements".

"J’étais venue à la place Tahrir pour photographier une armée puissante. Mais ce qui en émergea fut tout à fait le contraire", résume-t-elle dans des documents envoyés au HuffPost Maghreb.

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Photo: Nermine Hammam

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Photo: Nermine Hammam

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Photo: Nermine Hammam

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Photo: Nermine Hammam

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Photo: Nermine Hammam

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Photo: Nermine Hammam

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Photo: Nermine Hammam

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