Le Mouvement du 13 mars, créé en soutien à Jabeur Mejri, a publié sur son site 13mars.tn une lettre ouverte adressée au président de la République Moncef Marzouki, accompagnée de 13 dessins satiriques.

Jabeur Mejri a été condamné à sept ans et demi de prison et 1200 dinars d'amende pour avoir publié des caricatures du prophète sur les réseaux sociaux. Son ami, Ghazi Béji, condamné par contumace à la même peine, a obtenu l’asile politique en France.

Le Mouvement du 13 mars a été créé au mois d’août dernier, en écho à la journée nationale de la liberté d’expression sur Internet, décrétée par Moncef Marzouki en 2012.

Dans la lettre ouverte adressée au président de la République, le mouvement déplore que sous la présidence de M. Marzouki des jeunes aillent en prison “pour avoir exprimé une opinion.”

“Nous tenons à vous féliciter d’avoir décrété le 13 mars comme la journée nationale des libertés d’Internet. Il est essentiel pour la défense des libertés individuelles, et en particulier la liberté d’expression, d’aller au-delà des déclarations et des célébrations officielles. Aujourd’hui, dans la Tunisie post-révolutionnaire avec à sa tête l’ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, des jeunes sont en prison pour avoir exprimé une opinion”, explique le mouvement.

Le comité de soutien à Jabeur Mejri a déposé une demande de grâce présidentielle au mois de juin dernier, mais elle ne lui a pas été accordée.

“Nous accusons réception du refus officiel de la demande de grâce de Jabeur Mejri et nous nous étonnons de l’intérêt que le président prétend porter à ce jeune Tunisien. Ce refus est en totale contradiction avec les promesses jetées ici ou là par son entourage et au-delà avec ses prises de position officielles lors de ses visites à l’étranger. Il semble qu’entre les paroles et les actes, il y ait un gouffre dans lequel il a été décidé de jeter Jabeur Mejri”, souligne le comité de soutien dans un communiqué publié sur son site le 12 octobre.

Interrogé sur le cas de Jabeur Mejri lors de son déplacement aux États-Unis fin septembre, M. Marzouki a affirmé “attendre le bon moment politique pour sa propre sécurité”.

"C'est triste de condamner un jeune à sept ans de prison pour un dessin. Mais nous avons également une société très conservatrice et j'attends le bon moment, politiquement parlant, pour le relâcher. Le faire tout de suite pourrait être dangereux pour lui... J'ai juste décidé d'attendre quelques mois, avant... hop! Il sera relâché, n'ayez pas peur", a-t-il déclaré lors de son intervention devant le think tank américain Council on Foreign Relations.

Treize dessinateurs et caricaturistes ont participé à cette action pour exprimer leur solidarité avec Jabeur Mejri. Il s’agit de _Z_, Willis from Tunis, Amar Bézouère, Anis Chelbi, Yahia Boulahia, Bésot, Elchicotriste, Bizz, @revolution, Malkomix, Dlog, Gris-Grain et Flask.

“Nous envoyons ce même courrier à Jabeur Mejri et nous ne doutons pas que votre administration ne bloquerait pas ce témoignage de soutien mais au contraire aurait à cœur que ses lettres lui parviennent dans les meilleures conditions. Ces dessins seront dans un premier temps exposés sur internet et feront, avec d’autres, l’objet d’expositions à chaque occasion qui pourra nous être donnée”, a souligné le mouvement du 13 mars.

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