Un appel citoyen pour lutter contre la pollution engendrée par les décharges publics (PHOTOS, VIDÉO)

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À Borj Chakir, à 20 kilomètres à l'Ouest de Tunis, la plus grande décharge du Grand Tunis pose problème. Le 8 septembre 2013, des habitants de la ville ont manifesté pour attirer l'attention des autorités sur les mauvaises conditions d'hygiène dans lesquelles ils vivent.

Ouverte en 1999 sur 124 hectares, la décharge reçoit quotidiennement près de 6 000 tonnes de déchets et fonctionne sans interruption. L'association SOS BIAA (SOS environnement), active depuis janvier 2012, lutte contre la pollution industrielle et soutient les habitants vivant près des décharges publiques. D'après son président Morched Garbouj, contacté par le HuffPost Maghreb, la pollution dûe à la décharge de Borj Chakir est "une vraie catastrophe écologique". M. Garbouj ajoute que "la décharge est saturée depuis août 2013 et ne peut plus accueillir de déchets"

Plusieurs citoyens se plaignent de la pollution qui a atteint la nappe phréatique, responsable selon eux d'allergies cutanées et respiratoires chez les jeunes enfants. Les habitants d’El Attar, à proximité de la décharge de Borj Chakir témoignent:

Pour les habitants et travailleurs, les demandes sont claires, ils souhaitent un programme à court terme pour désengorger la décharge et assainir les environs, puis un plan à moyen terme pour la fermeture définitive du site.

Le programme à court terme consiste en une remise à niveau de la décharge. Il s'agit donc d'agir au plus vite pour protéger l'environnement, et par extension la santé des travailleurs et des habitants voisins. Traiter rapidement les déchets pour éviter l'émission continue d'odeurs désagréables qui occasionnent des gênes respiratoires, et mettre un terme à la pollution sonore, en diminuant le flux continu des passages de centaines de camions et de tracteurs par jour.

Les revendications vont jusqu'à demander, à terme, la fermeture définitive de la décharge. L'association SOS BIAA explique que la nappe phréatique est atteinte et que les puits dans les terrains résidentiels et agricoles des villes proches sont pollués. Malgré de nombreuses correspondances adressées au ministère de l'Equipement et de l'environnement ainsi qu’à l'Assemblée constituante, la situation n'avance pas. L'été et ses températures élevées ont rendu la situation encore plus alarmante à plusieurs niveaux.

Le problème des décharges publiques en Tunisie

Les décharges publiques ont déjà défrayé la chronique notamment l'an dernier sur l'île de Djerba. Après une série de protestations, des habitants de la délégation de Guellala et de Djerba ont eu gain de cause après des pourparlers avec les autorités locales puisque la décharge de Guellala fut fermée définitivement en octobre 2012.

En Tunisie, le problème écologique et sanitaire concerne beaucoup de personnes vivant à proximité des décharges. Pour le président de l'association SOS BIAA, les lieux choisis pour mettre en place les décharges ne sont pas anodins. Ils sont établis systématiquement dans les campagnes et régions dont les habitants sont en situation de précarité.

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