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Syrie: Le journal allemand Bild révèle que Bashar Al Assad n'a pas approuvé la frappe à l'arme chimique

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BASHAR ALA ASSAD
AFP

Au moment où la diplomatie américaine tourne à plein régime pour persuader de l'importance de dire oui aux frappes, et que Bashar Al Assad a nié de nouveau avoir utilisé l'arme chimique contre son peuple, le journal allemand Bild a révélé, ce dimanche 8 septembre, que selon des écoutes de l'armée allemande, le Président syrien n'a vraisemblablement pas approuvé personnellement l'attaque chimique du 21 août dans les faubourgs de Damas, qui a tué quelque 1.400 personnes.

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Les preuves viennent de l'Allemagne

De hauts gradés de l'armée syrienne "réclament régulièrement depuis environ quatre mois des attaques chimiques au palais présidentiel à Damas (mais) ces demandes ont été toujours refusées, et l'attaque du 21 août n'a vraisemblablement pas été approuvée personnellement par Bachar al-Assad", écrit le Bild am Sonntag.

L'édition dominicale du quotidien populaire s'appuie sur des écoutes effectuées par un navire espion de l'armée allemande, le Oker, stationné près des côtes syriennes.

Par ailleurs, Bild am Sonntag écrit que le président des services secrets allemands (BND), Gerhard Schindler, a récemment affirmé devant la commission de la Défense du Parlement allemand qu'Assad pouvait encore se maintenir longtemps en place.

La sanglante guerre civile en Syrie "pourrait encore durer des années", aurait-il dit devant les élus.

En outre, l'Inspecteur général de l'armée allemande, Volker Wieker, aurait expliqué devant la même commission, que l'influence d'Al-Qaïda au sein de la rébellion grandissait rapidement.

L'Armée syrienne libre, soutenue par l'Occident, aurait perdu le contrôle militaire et le flot de déserteurs de l'armée régulière la rejoignant serait désormais nul, notamment parce que les forces proches d'Al-Qaïda fusilleraient ces derniers.

Bashar Al Assad nie être derrière l'attaque chimique

Le Président syrien a affirmé à la chaîne américaine CBS qu'il réfutait être derrière l'attaque chimique du 21 août, a rapporté dimanche le journaliste Charlie Rose de CBS qui l'a interviewé à Damas.

"La chose la plus importante qu'il ait dite, c'est "qu'il n'y a pas de preuve que j'ai utilisé des armes chimiques contre mon peuple", a ajouté le journaliste américain. Des extraits de l'interview avec le dirigeant syrien seront diffusés lundi matin par la chaîne puis l'intégralité lundi soir sur la chaîne PBS.

Al Assad a aussi "dit qu'il ne savait pas nécessairement s'il y allait avoir une frappe" en Syrie mais que les Syriens s'y "étaient préparés du mieux qu'ils le pouvaient", selon M. Rose.

Les États-unis déploient leur artillerie lourde en communication et diplomatie

Le Président américain Barack Obama et son administration ont intensifié leur campagne pour persuader les élus du Congrès, qui font leur rentrée lundi, d'une intervention en Syrie.

M. Obama les a exhortés à ne pas fermer les yeux après les attaques du 21 août qui ont fait plus d'un millier de morts.

Le Président doit enregistrer lundi des interviews avec trois grands réseaux de télévision et les chaînes PBS, CNN et Fox News, puis s'adresser mardi à la nation.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a poursuivi dimanche en Europe son offensive diplomatique pour justifier des frappes contre la Syrie accusée d'avoir perpétré un massacre chimique.

Après avoir obtenu samedi le "soutien politique" des Européens à une "réponse claire et forte" à l'attaque chimique du 21 août imputée au régime de Damas, M. Kerry a rencontré à Paris ses homologues de plusieurs pays arabes ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi.

john kerry ligue arabe

"Nous étions unanimes à dire que le recours odieux par Assad aux armes chimiques (...) a franchi une ligne rouge internationale", s'est félicité M. Kerry à l'issue de la rencontre à Paris. "Un certain nombre de pays ont immédiatement signé le communiqué (endossé par douze pays) du G20" appelant à une "réponse forte" à la Syrie, a-t-il ajouté.

Parmi eux, l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent l'opposition syrienne. Pour les autres, "chacun fera sa propre annonce dans les 24 heures", a précisé M. Kerry, alors que le Congrès américain doit se prononcer dans les prochains jours sur une action militaire en Syrie.