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Tunisie: Du Bardo à la Kasbah... Ali Larayedh résistera-t-il encore longtemps?

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ALI LARAYEDH
Le chef du gouvernement tunisien, Ali Larayedh, à la Kasbah, siège du Premier ministère | Facebook/presidence du gouvernement

La coalition au pouvoir en Tunisie, dirigée par les islamistes d'Ennahdha, et l'opposition n'ont toujours pas trouvé d'accord pour sortir de la crise politique qui paralyse le pays, a indiqué samedi le médiateur de la crise, le syndicat UGTT.

La balle est renvoyée dans le camp de la Troïka

L'UGTT, qui fait la navette entre les deux camps, a soumis samedi à l'opposition une proposition de la Troïka au pouvoir, et s'apprêtait à remettre à cette dernière celles de l'opposition, a annoncé le secrétaire général de l'UGTT, Houcine Abassi.

A l'issue de la rencontre avec M. Abassi, Hamma Hammami, un représentant de l'opposition a déclaré qu'ils avaient "répondu aux propositions de la troïka". "Les clés de la sortie de la crise sont dans les mains" du pouvoir, a-t-il ajouté. Aucun des deux hommes n'a voulu apporter de précisions sur l'offre de l'opposition.

De son côté, Mohamed Hamdi, secrétaire général de l'Alliance démocratique a indiqué que les positions entre les forces de l'opposition se sont rapprochées. Il a fait savoir que les propositions présentées, aujourd'hui, reposent sur deux principes essentiels à savoir le rétablissement de la confiance entre les factions politiques et l'accélération du parachèvement des concertations pour faire réussir le dialogue et éviter la dégradation de la situation dans le pays en raison de la crise politique et des difficultés économiques.

Les partis de la Troïka au pouvoir ont proposé que le gouvernement actuel démissionne fin septembre à l'issue d'un "dialogue national", pour déterminer la composition du prochain cabinet et trouver un consensus sur les autres sujets de désaccords, en particulier la future Constitution et la loi électorale.

Le Front de salut national, l'hétéroclite coalition d'opposition, a réclamé jusqu'à présent la démission du gouvernement et la formation d'un cabinet de technocrates comme préalable à toute négociation.

Une chaîne humaine du Bardo à la Kasbah

L'opposition a aussi organisé une nouvelle manifestation samedi à Tunis mais la mobilisation a faibli par rapport aux rassemblements précédents.

Les détracteurs du pouvoir étaient quelques milliers à former une chaîne humaine pour couvrir les trois kilomètres reliant la place du Bardo, où siège la Constituante, à celle de la Kasbah, où se trouve le gouvernement.

"Le peuple veut la chute du régime", ont scandé notamment les manifestants, hommes et femmes, tenant notamment des drapeaux tunisiens. Un rassemblement de quelques centaines de personnes s'en est suivi à la Kasbah.

La Tunisie est plongée dans une profonde crise politique depuis le 25 juillet et l'assassinat, attribué à la mouvance jihadiste, du député d'opposition Mohamed Brahmi.

Les travaux de l'Assemblée nationale constituante ont été gelés et Ennahdha, après avoir résisté pendant de longues semaines, a admis que le gouvernement d'Ali Larayedh sera forcé de quitter le pouvoir. "Les mouvements de protestation n'ont donc plus lieu d'être", a affirmé Abdellatif Mekki, ministre de la Santé et membre du parti islamiste, sur les ondes de Mosaïque FM.

Ali Larayedh défend toujours l'action de son gouvernement.

"En dépit de tous nos problèmes (...) nous nous dirigeons vers l'établissement d'un Etat démocratique", a souligné samedi le chef du gouvernement, estimant que "les conditions économiques et sociales se sont améliorées", d'après un communiqué du gouvernement.

Le précédent cabinet dirigé par Ennahdha avait été poussé à la démission après l'assassinat en février d'un autre opposant, Chokri Belaïd.

Cette semaine les autorités ont officiellement accusé le mouvement Ansar Al-Charia, une organisation jihadiste liée selon la police à Al-Qaïda, d'être derrière ces assassinats qui n'ont cependant jamais été revendiqués. Ce mouvement serait aussi, selon le gouvernement, derrière le groupe armé traqué à la frontière algérienne depuis décembre, une opération qui a coûté la vie à une quinzaine de militaires.

Après avoir été longtemps accusé de laxisme vis-à-vis d'Ansar Al-Charia par l'opposition, le gouvernement l'a déclaré "organisation terroriste" cette semaine.

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