Le Front de libération nationale (FLN), parti historique algérien otage depuis des mois de la rivalité entre deux tendances se disputant son contrôle en vue de la présidentielle de 2014, a élu jeudi un nouveau secrétaire général.

Ammar Saïdani, ancien président de l'Assemblée populaire nationale (la chambre basse du Parlement) et candidat unique, a été plébiscité à main levée par le Comité central du parti, sept mois après la destitution de son chef contesté Abdelaziz Belkhadem.

Le FLN, majoritaire à l'Assemblée nationale, est en proie à une crise ouverte au sein de sa direction depuis les élections législatives de mai 2012.

Qui est Ammar Saïdani

Né le 17 avril 1950 à Tunis, M. Saïdani, fils d'un ancien combattant, est détenteur d'un baccalauréat littéraire, a un niveau universitaire et a étudié les sciences politiques, selon sa biographie officielle.
Cadre du FLN, il n'a pratiquement jamais exercé d'activités professionnelles autres que politiques.
M. Saïdani préfère mettre en avant son "appartenance" au FLN et les fonctions qu'il y a occupées, ainsi que celle de cadre de l’Union générale des travailleurs algérien (UGTA), principal syndicat en Algérie.

Elu député à l'Assemblée populaire nationale (APN) en 1997, réélu en 2002, il est nommé vice-président du Parlement avant d'en devenir le président en 2004.
Coordonnateur général des comités de soutien au programme d'Abdelaziz Bouteflika, M.

Saïdani est un proche de Saïd, le frère du président, affirment certains observateurs.
En 2008, il est cité par la presse dans une affaire de corruption et de détournements de fonds publics, des accusations qu'il a réfutées.

"Celui qui a des preuves contre moi n'a qu'à les présenter à la justice", avait-t-il lancé début juin à la chaîne satellitaire privée algérienne Ennahar TV, estimant que cette campagne était dirigée contre lui "pour l'empêcher de prendre la direction du FLN".

Seul candidat en lice, M. Saïdani a été plébiscité à main levée à la tête du FLN. La fonction était vacante depuis l'éviction le 31 janvier d'Abdelaziz Belkhadem suite à une grave crise interne opposant deux tendances du parti.

Dans son discours de victoire, M. Saïdani, 63 ans, considéré comme un homme du sérail à la carrière exclusivement politique, a remercié ses partisans tout en qualifiant ses adversaires de "minoritaires". Mais il s'est engagé à "unifier les rangs du parti".

Selon la presse, ses partisans entendent reprendre les commandes du parti, qui détient 221 sièges sur les 462 de l'Assemblée nationale.

Une série de rebondissements

La réunion du Comité central, organisée dans un hôtel du centre d'Alger et protégée par un dispositif de sécurité, avait été précédée de toute une série de rebondissements. Elle avait dans un premier temps été autorisée par le ministère de l'Intérieur, mais les adversaires de M. Saïdani avaient introduit un recours en justice, et avaient obtenu mercredi après-midi l'annulation de cette session.

Mais les partisans du nouveau secrétaire général ont finalement réussi, tard dans la soirée, à obtenir le feu vert des autorités, selon les journaux de jeudi. Quelque 273 des 340 membres de ce comité étaient présents.

Trois candidats au poste convoité étaient annoncés, mais deux d'entre eux -- un autre membre du Comité central, Mustapha Maâzouzi, et un ancien membre du bureau politique du parti, Saïd Bouhadja -- se sont finalement désistés.

Les travaux du comité central, qui doivent durer deux jours, ont lieu dans une atmosphère de déchirement interne, favorisé par l'absence du président Bouteflika, qui a passé trois mois en France pour être soigné d'un AVC. Rentré le 16 juillet, le chef de l'Etat reprend peu à peu ses forces, en continuant sa rééducation.

Les ennuis de santé de M. Bouteflika ont fragilisé l'hypothèse d'un quatrième mandat, voulu par ses partisans mais sur lequel le président ne s'est pas encore prononcé.

En 2003, le FLN avait connu une crise similaire qui avait conduit à la démission de son secrétaire général Ali Benflis, après un bras de fer entre ses partisans et ceux du président Bouteflika. Les deux camps se disputaient déjà le contrôle du parti dans la perspective de la présidentielle de 2004.