Lors de sa conférence de presse du mardi 27 aoûtle Premier ministre Ali Layaredh a annoncé que dorénavant le gouvernement considérait officiellement Ansar Al Charia comme étant une organisation terroriste. Depuis lors, les partisans de cette dernière organisent leur défense sur leurs pages Facebook.

Leur premier objectif était de fournir à leurs sympathisants une explication des évènements qui, exonère le mouvement de toute faute. Ainsi la décision de qualifier l’organisation comme terroriste constitue selon eux un acte politique par excellence. Pour Ansar Al Charia, cette décision s’inscrit dans le cadre des négociations entre le parti Ennahdha et les partis d’opposition et constitue une concession faite par le mouvement islamiste sous la pression des Etats-Unis et de la France.

"Nous payons le prix de cette lutte"


Le deuxième registre de discours employé est celui de la victimisation de l’organisation dans le but de remobiliser les militants salafistes. Le mouvement Ennahdha est lui-même qualifié de terroriste en raison de la guerre qu’il a mené aux diverses organisations islamistes et qui s’est soldée par la mort de plusieurs militants salafistes lors d’opérations policières ou dans les prisons en raison de grèves de la faim. A ce titre, Lotfi Ben Jeddou est directement accusé de torturer les prisonniers salafistes.


La mouvance salafiste a également adressé des menaces voilées au pouvoir tunisien en rappelant qu’en Algérie, en Irak et au Yémen, les dirigeants qui ont dans un premier temps poussé les salafistes à prendre le maquis, en les empêchant selon eux d’accomplir leurs travaux caritatifs et de prédication, étaient par la suite prêts à tout pour les ramener dans la société civile.