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Retour sur les deux années d'Ansar Al Charia en Tunisie

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ANSAR CHARIA TUNISIE
Drapeaux d'Ansar Al Charia | Facebook/ansar sharia

C’est officiel, Ansar Al Charia est désormais classée “organisation terroriste”. La décision a été prise par le gouvernement d’Ali Larayedh. Retour sur les deux années d’existence d’Ansar Al Charia en Tunisie.

Le 20 janvier 2011, six jours après la chute de Ben Ali, le premier gouvernement de transition dirigé par Mohamed Ghannouchi adopte un projet de loi d'amnistie générale pour les prisonniers politiques. Un mois plus tard, la loi entre en vigueur.

"Le président intérimaire (Foued Mebazaa) a signé samedi un décret-loi relatif à l'amnistie générale qui permet à tous ceux qui ont été emprisonnés ou qui ont été poursuivis pour des crimes de droit commun suite à leurs activités politiques ou syndicales de bénéficier de l'amnistie", annonce l’agence TAP le 19 février 2011.

Parmi les amnistiés, Seif Allah Ben Hassine, alias Abou Yadh. Âgé aujourd’hui de 47 ans, il était condamné à 43 ans de prison pour des activités terroristes. Ayant des liens avec Oussama Ben Laden, il avait combattu en Afghanistan avant d’être arrêté en Turquie en 2003 et extradé vers la Tunisie.

Abou Yadh rallie rapidement ses troupes à sa sortie de prison et fonde Ansar Al Charia dont le premier congrès en avril 2011 n’a pas réuni grand monde. Le deuxième congrès, tenu en mai 2012, a en revanche réuni environ 5 000 personnes à Kairouan. A l’époque, le mouvement était toléré. Des membres dirigeant du parti Ennahdha assistaient aux meetings.

Mais tout a basculé le 14 septembre 2012, lors de l’assaut contre l’ambassade américaine, suite à la diffusion sur Youtube d'une vidéo portant atteinte au prophète Mahomet. Abou Yadh est désigné comme le responsable de cette attaque. Il est désormais officiellement recherché par les autorités, alors qu’il prêchait sans problème dans des mosquées quelques semaines plus tôt.

Au lendemain de l’assassinat de Chokri Belaid le 6 février 2013, des soupçons planent autour d’Ansar Al Charia, mais rien ne prouve encore son implication dans crime. L’organisation poursuit ses activités de “daâwa” et ses caravanes caritatives dans les quartiers populaires, bien que son fondateur soit recherché par les autorités. Le 29 avril, la première d’une série de mines explose au mont Châambi, le danger terroriste se précise en Tunisie. Ansar Al Charia est dans le collimateur. Le 19 mai, son deuxième congrès, prévu à Kairouan, est interdit par le ministère de l’Intérieur. Les tentes de prédication également. Des heurts avec la police s’en suivent.

Le 25 juillet, deuxième assassinat politique, Mohamed Brahmi est tué par 14 balles devant son domicile. Les assassins appartiendraient à la mouvance djihadiste selon les premières révélations de l’enquête. L’étau se resserre autour d’Ansar Al Charia. Désormais, c’est le suspect numéro 1.

Au cours d’une conférence de presse tenue le 26 juillet, le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou affirme que certaines personnes arrêtées car impliquées dans les deux assassinats de Belaid et Brahmi, appartiennent à Ansar Al Charia. “Mais nous ne savons pas encore s’il s’agit d’une cellule isolée qui a agi toute seule, ou si c’est l’organisation qui commanditait”, précisait-t-il.

Aujourd’hui, il a apporté “les preuves” qui impliquent cette organisation désormais classée “terroriste”. “Beaucoup de gens ne connaissent que l’aile “daâwa” d’Ansar Al Charia” dit le ministre, affirmant qu’elle dispose d’une “aile militaire secrète”. Selon les autorités, Ansar Al Charia a commandité les assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, et préparait une série d’autres assassinats et opérations terroristes dans le pays.

Mardi 27 août, le Chef du gouvernement Ali Laarayedh a expliqué que toute personne appartenant à Ansar Al Charia, désormais classée “terroriste” “sera jugée” et devra “assumer sa responsabilité”. Classer Ansar Al Charia comme organisation terroriste implique “l’interdiction de toutes ses activités” et la “criminalisation de toute acte de soutien logistique” ou “aide financière” à ses membres. Les dirigeants et les premières lignes d'Ansar Al Charia ne vont pas disparaître parce que le gouvernement a décidé de la classer "organisation terroriste", ce label signifie juste le début de la clandestinité, une condition à laquelle ils étaient probablement déjà préparés.

Lire sur HuffPost Maghreb:

Ansar Al Charia, une "organisation terroriste": Les preuves du ministère de l'Intérieur

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