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Affaire Jabeur Mejri: Création du Mouvement 13 mars pour la liberté d'expression sur Internet (VIDÉO)

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SOUTIEN JABEUR MEJRI
Khadija Cherif, représentante de la FIDH et Kaouther Zouari coordinatrice du comité de soutien de Jabeur Mejri | Nacer Talel pour HuffPost Maghreb

Le comité de soutien de Jabeur Mejri, condamné à sept ans et demi de prison et 1200 dinars d'amende pour avoir publié des caricatures du prophète sur les réseaux sociaux, a tenu une conférence de presse ce matin, pour exposer la situation de Jabeur et les actions à venir pour soutenir son cas.

Jabeur Mejri a été condamné à “5 ans de prison et une amende de 1.200 dinars pour avoir publié et diffusé des écrits susceptibles de trouble à l’ordre public, 2 ans de prison pour offense à autrui via les réseaux publics de communication et 6 mois de prison pour outrage aux bonnes mœurs par le geste et la parole” selon le comité de soutien. Son ami, Ghazi Béji, condamné par contumace à la même peine, a quitté la Tunisie clandestinement et a obtenu l’asile politique en France.

Le Mouvement 13 Mars

Pour les membres comité de soutien, cette condamnation est basée sur des lois instaurées par Ben Ali pour limiter la liberté d’expression sur Internet. Ils ont ainsi annoncé la création du “Mouvement 13 mars”, le 13 mars étant la journée nationale de la liberté d’expression sur Internet, décrétée par Moncef Marzouki en 2012. Un sit-in de soutien aura ainsi lieu le 13 de chaque mois à la Place Pasteur. Des activités culturelles seront organisées pour sensibiliser à l’importance de la liberté d’expression. "Il y aura des ateliers de blogging, des sessions de street poetry consacrés à Jabeur. On parlera de lui à chaque festival de caricatures", a annoncé Kaouther Zouari, coordinatrice du comité de soutien de Jabeur Mejri.

Jabeur Mejri est considéré comme le “premier prisonnier politique d'après révolution”. La grâce présidentielle de Moncef Marzouki, attendue par son comité de soutien et sa famille, ne lui a pas été accordée. 343 prisonniers en ont bénéficié à l’occasion de l’Aïd El Fitr, mais pas Jabeur.

L’indifférence du Président de la République, ancien président de la Ligue Tunisienne des droits de l’Homme, a surpris plus d’un.

Dans une tribune publiée sur HuffPost Maghreb, Hasni Jeridi, co-fondateur de l’ancien site d’opposition réveiltunisien.org, se rappelle du Moncef Marzouki des années de “résistance”.

“J'ai eu l'occasion d'écouter M. Marzouki à plusieurs reprises, ainsi que de l'interviewer quand j'étais un des administrateurs de reveiltunisien.org. Ses messages aux jeunes, pour la défense sans concession de la liberté d'expression, résonnent aujourd'hui plus forts dans ma tête. (...) Si je parle de lui et non des autres, c'est que lui est président de la République de la Tunisie d'aujourd'hui. Mais aussi que la Tunisie d'aujourd'hui, celle de Moncef Marzouki, a dans ses prisons des prisonniers d'opinion.”

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