Sit-in au Bardo: la police intervient violemment au cours de la nuit

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SITIN BARDO
Nacer Talel pour HuffPost Maghreb
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Environ 3000 personnes se sont réunies au Bardo hier soir devant l’Assemblée nationale constituante (ANC), pour réclamer la chute du gouvernement tunisien suite à l’assassinat, le 25 juillet, de Mohamed Brahmi, élu de Sidi Bouzid.

Une soixantaine de députés ont annoncé leur retrait de l’Assemblée et se sont engagés dans un sit-in ouvert au Bardo, jusqu’à la dissolution de l’ANC. Leur sit-in a violemment été levé par la police vers 3h30 du matin.

Bardo: un sit-in "jusqu’à la dissolution de l’ANC et chute du gouvernement”

Les députés qui se sont retirés de l’Assemblée nationale constituante (65 jusque là selon Samir Bettaieb), ont décidé d’entamer un sit-in ouvert au Bardo jusqu’à la dissolution du gouvernement, la chute du gouvernement et son remplacement par un gouvernement de salut national. Des milliers de Tunisiens les ont rejoint samedi soir pour marquer leur soutien.

Vers 23h, les enfants de Mohamed Brahmi arrivent sous les applaudissements.

“Dorénavant, il n’y plus de de gouvernement à moins d’un gouvernement populaire”, lance son fils Adnen à la foule. “Mon père nous a quittés en martyr. J’espère que vous n’allez pas faire comme après l’assassinat de Chokri Belaid (..) Les menaces de Sahbi Atig ont été exécutées et mon père a été éliminé. Ennahdha doit quitter le pouvoir”, enchaîne sa fille Balkis. “Ils ne passeront pas” crie en pleurs la plus jeune.

Les manifestants pro Ennahdah étaient là

Pas loin du sit-in, quelques 200 manifestants se sont réunis pour défendre “la légitimité” de l’Assemblée et du gouvernement. La police qui quadrillait toute la place, se tenait également entre les deux camps pour éviter d’éventuels accrochages.

Tard dans la nuit, ils sont rejoints par le président du bloc parlementaire Sahbi Atig, dont les propos violents, tenus il y a quelques jours, sont jugés pour certains comme responsables du climat de violence dans le pays.

“Il y a des gens qui ont planifié un coup d’Etat mais ont lamentablement échoué. Ils ont échoué à rallier l’armée, ils ont échoué à rallier les forces de sécurité, maintenant ils veulent profiter du sang qui a coulé. Notre peuple ne suivra pas les anarchistes et je salue ce peuple qui n’est pas prêt de faire basculer le pays dans le chaos.” déclare-t-il aux partisans d'Ennahdha.

Sahbi Atig soutient les manifestants pro-Ennahdha au Bardo

Sit-in levé violemment
A partir de minuit les manifestants commençait à rentrer mais plusieurs sont restés aux côtés des députés pour le sit-in.

Vers 3h30, la police intervient violemment pour les disperser. Sur Sa page Facebook, le député Noomene Fehri, présent sur place, livre sa version des faits.

"Ils (les manifestants pro-Ennahdha) nous ont lancés des projectiles, essentiellement des pierres. La police a riposté en tirant des bombes de gaz lacrymogène dans leur direction. Les sit-inneurs ont alors applaudi les forces de l'ordre, mais ces dernières y ont répondu en nous lançant des bombes de gaz lacrymogène, la première devant la tente des députés."

Violemment dispersés, les sit-inneurs ont été pourchassés par la police jusqu'aux rues avoisinantes.

Plus tôt dans la journée, le syndicat des fonctionnaires de la direction générale des unités d’intervention avait appelé les forces de l'ordre à faire preuve de "plus de retenue". Sur Mosaïque FM, Mehdi Bechaouech, le porte-parole du syndicat a dénoncé "un usage excessif de la force" suite à la répression des manifestants après les funérailles de Mohamed Brahmi. Il a également annoncé l'ouverture d'une enquête pour "lever le voile sur ceux qui donnent ces instructions".

Ce dimanche, Khemais Ksila et Samir Bettaieb, deux des députés présents au sit-in, ont rencontré le ministre de l'Intérieur. Ce dernier leur a assuré qu'il a donné l'ordre de ne pas utiliser la force contre les manifestants et sit-inneurs au Bardo, déclare Ksila sur Mosaique FM. Il leur a promis d'ouvrir une enquête sur ses dépassements.

Lire sur HuffPost Maghreb:

La police disperse les manifestants et agresse Mongi Rahoui devant l'ANC

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