BASKETBALL- Salah Mejri, le pivot de l'équipe nationale tunisienne, s'est engagé, le 8 juillet 2013, avec le Real Madrid en Liga espagnole. Ex-joueur de Blusens Monbus, Salah Mejri avait été élu "révélation de l'année" en Espagne avec des statistiques personnelles impressionnantes: 9,3 points, 5,4 rebonds et 1,6 contres de moyenne pour 20 minutes de temps de jeu. Une performance qui a apparemment plu aux madrilènes puisque son contrat était signé dès mars dernier.

Le Real Madrid est le plus grand club espagnol de basket avec 31 championnats et 8 titres de champion d'Europe au total. Salah Mejri découvrira là-bas une concurrence rude à son poste, meilleure façon de grandir et de s'affirmer sur la scène internationale.

Salah Mejri, une carrière en deux temps

Salah Mejri a 27 ans et il mesure 2 mètres 17. Malgré un gabarit taillé pour le basket de haut niveau, sa carrière a mis du temps à  démarrer. En effet, le natif de Jendouba n'a pas toujours été sous le feu des projecteurs. Après avoir débuté sa carrière à l'étoile Sportive du Sahel, il a quitté la Tunisie en 2010, pour rejoindre les rangs du modeste club belge des Giants d'Anvers. Il y passera deux années complètes ponctuées de hauts et de bas, mais avec, au final, une vraie expérience du niveau européen. Une progression qui se poursuivra en 2012 à Blusens Monbus en Espagne. Après une année au cours de laquelle il prend du galon et devient incontournable dans ce club habitué au ventre mou du classement, il signe en faveur du Real Madrid champion d'Espagne en titre.

Salah Mejri a confirmé en club les espoirs qu'il portait en équipe nationale tunisienne. Déjà  vainqueur et élu meilleur joueur du championnat d'Afrique de Basketball en 2011, il avait confirmé lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012 en finissant meilleur contreur de la compétition.

Les contres de Salah Mejri face à la Serbie, lors des Jeux méditerranéens de Mersin en Turquie:

10 choses à savoir sur Salah Mejri

Le quotidien sportif Marca (journal espagnol) publiait, en mai dernier, 10 secrets sur Salah Mejri révélés par un membre du staff technique de son ancienne équipe. Une façon de mieux connaitre le premier basketteur de l'Histoire tunisienne à évoluer à ce niveau:

  1. Salah Mejri est le fils du maire de Jendouba, sa ville natale. Son éducation et ses manières sont parfaites. Il parle souvent avec son père et ses frères, trois filles et un garçon, et il aura l'occasion de les voir de temps à autre grâce à son engagement avec la sélection de son pays.
  2. Salah est un homme religieux, avec les croyances et les coutumes propres à sa religion, mais il n'est aucunement extrémiste. C'est un garçon très ouvert d'esprit qui exerce sa foi en toute modération.
  3. Il est intelligent en tout point. Il comprend tout ce qu'on lui dit et si quelqu'un le fait marcher, il s'en rend compte dans l'instant. Dans son pays, il est ingénieur en électronique.
  4. Il a joué au football jusqu'à ses dix-sept ans et n'a que peu de références culturelles en terme de basketball. Fan du Real Madrid, il admirait Luis Figo et Zinedine Zidane, mais n'avait aucune idole dans le sport qu'il pratique aujourd'hui. Il ne connaissait ni la Liga ni ses joueurs, juste des footballeurs à vocation offensive, à  son image.
  5. Il n'a pas de petite amie en Espagne, quoique j'imagine qu'il en ait eu dans le passé. Il y a des groupies pour toutes les équipes. Il n'a pas non plus ramené de petite amie de Belgique ou d'ici. J'imagine qu'il se conserve pour Madrid, où il y a plus de choix.
  6. C'est un garçon très extraverti et un bon chambreur. D'ailleurs, quelques supporters se retrouvent tous les derniers jeudi du mois pour boire un verre sous les auspices du slogan "el canadoiro", et lui-même s'est joint à eux plusieurs fois. En s'adaptant à tout sauf à la bière traditionnelle chérie par les supporters. Juste du jus ou de l'eau.
  7. Même s'il arretait le sport, il ne grossirait pas. Il mange énormément de fruits, de pates et un peu de poulet. Il n'aime ni la viande rouge, ni le veau galicien, ni la cornemuse. Quant à la viande de porc, il n'en mange pas par conviction religieuse.
  8. Il maitrise l'arabe, le français et l'anglais. Il comprend l'espagnol de mieux en mieux, mais ne le parle toujours pas. Oscar Viana, le préparateur physique de l'équipe, lui apprend des expressions, qu'il répète en boucle: des refrains de chansons, quelques insultes. L'une d'entre elles est en rapport avec ses occupations. Il vint un jour se planter devant l'entraîneur et lui décocha: "Moncho ! Aujourd'hui je ramène une empanada (sorte de tapas)".
  9. À dire vrai, nous les membres de l'équipe technique cherchons sans cesse la perfection dans son jeu. Parfois on se fixe trop sur lui et on essaye de le corriger. "Salah, Salah, c'est toujours Salah, comme s'il n'y avait que moi qui faisait des erreurs !", s'est-il plaint un jour. Mais il se rendit tout de suite compte que nous le faisions pour son bien et il nous en est très reconnaissant. Il sait qu'il s'est beaucoup amélioré.
  10. Lors d'un entraînement, Salah m'a indiqué que la lumière qui entrait dans le gymnase le gênait pour les lancers francs sous un des deux paniers. Jamais personne n'avait fait une remarque pareille et l'histoire en est restée là ! Jusqu'au jour où, lors de la première action d'un match, l'équipe adverse commet une faute sur notre pivot. Alors qu'il s'apprête à shooter, Salah lance vers les tribunes : "Fermez les rideaux !". Le public obtempère, mais il rate les deux shoots. Un supporter taquin répond alors en criant: "Mais rouvrez les rideaux !".


Lors d'un match de Liga Salah Mejri impressionne l'Espagne avec une série d'actions de grande classe: